‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 245 sur 320 · SCÈNE VIIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIL

JEAN, MONTLOUIS, légèremeat grU.

HONTLOUIS.

Vous dormiez, yicomte?

JEAN

Oni... je m'étais assonpi.

MONTLOUIS

Tadieu! quel assoupissement! (Regardant les débris da d«j«nttar.)

Je vois ce que #'est... vous avez bien déjeuné... moi aussi d'ailleurs. Seulement le Champagne ne me porte pas au •ommeil, mais plutôt à une gaieté douce et affectueuse.

JEAN

Vous avez à me parler?

MONTLOUIS

Très-longuement. Armez-vous de patience et offrez-moi un canapé.

U s'étend sur le cAiiapé A droite»

JEAN, à part.

Maudit homme !.. Je crois, Dieu me pardonne, qu'il est légèrement ému.

MONTLOUIS

J'ai beaucoup de sympathie pour vous, mon jeune ami. Vous avez un goût de sauvageon qui me plaît. Et puis vous êtes loin de vos conseillers naturels; vous m'avez été adressé; je me considère un peu comme ayant charge d'âme à votre égard, avec votre permission. Permettez-vous?

jbàn.

le suis très-touché...

412 JEAN DE THOMMERÀY.

HONTLOUIS.

Bien. Alors voas ne me trouverez pas trop indiscret si je m'ingère dans vos affaires intimes. Je représente ici vos parents, c*est entendu.

JEAN

Mais, monsieur...

MONTLOUIS

Très-bien. — Or, je viens de rencontrer votre ami Roblot: charmant garçon qui vous aime beaucoup... Vous lui faites du chagrin.

JEAX.

Moi?

Il a versé cela dans mon sein, et il a bien fait. Je suis le tombeau des secrets, moi. Le vôtre est en sûreté.

JEAN

Mon secret? Que vous a donc conté M. Roblot?

MONTLOUIS

Tout... La proposition de Jonquières et la cause romanesque de votre refus.

J E AN , à part.

Mauvais drôle !

MONTLOUIS

Je ne vous laisserai pas accomplir en paix une pareille sottise, passez-moi le mot.

JEAN

Mon Dieu, monsieur, j'apprécie le sentiment qui inspire votre démarche; mais elle est inutile... mon parti est pris.

MONTLOUIS

Non, mon cher! vous ne sacrifierez pas votre avenir à une

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