‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 251 sur 320 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

DEUX BOURGEOIS, arrivant du fond et M dirisaeat

vers la rue Bonaparte.

PREMISa BOURGEOIS.

Quelle solitude! Il est dix heures du soir« les quais sont déserts comme à deux heures du ma+in; c'est lugubre.

DEUXIÈME BOURGEOIS

Ma foi, j'aime mieux ce silence que les saturnales dont Paris a retenti pendant huit jours. Il se recueille, il se prépare à la défense.

PREMIER BOURGEOIS

Il est temps. L*ennemi est à Noisy, nous serons investis ayant peu. — Restez-Tous?

DEUXIÈME BOURGEOIS

Certainement. Et vous?

PREMIER BOURGEOIS

Moi aussi. Je suis vieux, mais encore assez solide pour

m JEAN t)E TâOMMERAY.

faire mou devoir à côté de mes fils. Ce qui me désole, c'est qae ma femme ne veut pas partir ; elle dit qu'elle mourrait d'inquiétude loin de nous et que son poste c^t à nos côtés.

DEUXIÈME BOURGEOIS

Elle a raison. La mienne aussi voulait rester, mais je Tai décidée à partir avec les enfants. Cette séparation m'est trèspénible ; mais nous ne savons pas à quelles extrémités nous pouvons être réduits^ et je ne veux pas que ces pauvres petits êtres SOUf&ent de la faim. (Oa entend le clairon dane le lebUiB.)

Qu'est-ce que c'est que ça?

PREMIER BOURGEOIS

Sans doute des mobiles qui arrivent.

DEUXIÈME BOURGEOIS

Braves jeunes gens t

PREMIER BOURGEOIS

Ainsi vous allez vous trouver seul ?

DEUXIÈME BOURGEOIS

Mon Ûieu^ oui.

PREMIER BOUtlGËOlâ.

C'est très-dur. Mais vous savez, voisin, que vous aurez toujours une place à notre table et au coin de notre fautant que nous aurons un morceau de pain et une bûche.

DEUXIÈME BOURGEOIS

Merci, mon ami... je ne dis pas non.

Ub disparaùtent dans U rue Bonapam.

àGT£ CINQUIÈME. 421

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