‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 253 sur 320 · ACTE CINQUIËMB · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIËMB

GHA.TBAUVIBUX.

Oui, nous y croyons, et la preuve c'est que nous croyons à la patrie et que nous nous dévouons pour elle. Depais nos désastres, as-tu entendu d'un seul de nous une raillerie contre les grandes vertus ?

JEAN

Si votre scepticisme n'était que sur vos lèvres, il fallait m'avertir. Il est trop tard maintenant, c'est fait. N'en parions plus.

ghâtbauyieux.

Mais, malheureux, souviens-toi de ta devise I

JEAN

Qu'est-ce qu'elle dit, ma devise ?

CHATEAUVIBUX. t

Un seul mot : Présent!

JEAN*, «ye« nne colère sonrde.

Eh bien, c'est fort simple, je la changerai... Absent l absent de tout ! de la patrie comme de la famille, comme de l'amour, comme de Thonneur ! Ce n'est plus une devise qu'il me faut, c'est une enseigne : Roblot et Thommeray, au beurre de Bretagne I (Édatont.) Tombe donc, ville maudite, qui as fait de moi ce que je suis! Te défende qui voudra! Moi, j'ouvrirais plutôt tes portes à l'ennemi ! Qu'il t'écrase, qu'il te rase, tant mieax ! Je n'ai qu'un regret en partant, c>st de ne pas assister à ta chote, de ne pas voir tes ruines s'entasser sur les miennes ! (On eoteDd le bûion dans le lointain. Jean 8*ar rète comme frappé de stupeur et prête Toreille.) LeS Bretons I..

CHATEAUVIBUX.

Les Bretons?

JBAir.

Oui... ceux de chez nous.

Ti. 24.

^M JEAN DE THOMMBBâT.

CHATEAUYIEUZ, regardant rwn k rue Bonaparte.

Ceux de chez toi? La cnlonne s'avance sous un rayou d' lune; connais-ta ce rieillard et ces deui jeaues geas qui marchent en tête t

JEAN, regardant à son tour, arec on grand cri.

Mon père ! mes deux frères !

CHATEAUVIEUX

Ton père I — Eh bien I qu'en dis-tu ? Crois-tu à la famille maintenant ? crois-tu au devoir et à Thonneur ? crois-tu à la patrie ? — Chapeau bas ! La voilà devant toi !

JBAN^ effaré.

Allons-nous-en !

CHATEAUVIEUX, le Misiaaint pe» le brae.

Non I reste I Tu es sur le chemin de Damas ! Regarde passer les vérités éternelles que tu blasphémais !

Le eomte paraît entre ses denz fils, suiri de la eolonne des mobiles bretons.

Page 1