‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 276 sur 320 · ACTE DBUXliMB · texte numérisé non relu

ACTE DBUXliMB

fenêtre. .. J*ai même déchiré mon pantalon, et ma chambre étant fermée, j'ai été obligé d'en prendre un à M. Barge père... (Se leTant.) C'est justement son pantalon de gala... J'espère bien le déchirer aussi en rentrant chez moi nar le môme escalier.

HENRI, se levant.

Je remarque avec plaisir que nous ne sommes pas aussi tristes que la circonstance semblerait le comporter.

RETNOLD.

Sais-tu pourquoi, beau- frère?

9B])ïRi.

Oui, beau-frère, je le sais.

Ui le donnent one p(%né« de mua.

REYNOLD

J'espère que Fanny ne doutera pas plus de moi que tu n'en doutes toi-même ; en tout cas tu te charges de la ras* surer?

Parbleu, charge-t-en toi-même : elle ya rentrer,

REYNOLD

C'est que je ne serais pas très-flatté de me présenter à elle dans cet accoutrement.

Le fait est que tu n'es pas délicieux.

REYilOLD.

Je ne sais pas si c'est le pantalon qui est mn<l fait, on si c'est papa... Pour le moment, j'aime mieux croire que c'est papa, ça flatte mon ressentiment...

HENRI

Nous sommes de même taille ; tu choisiras dans ma garderobe.

464 MADAME GAVERLET.

RETNOLD, suppliant.

Prête-moi ton panta/.on gris-perle !

HENRI

Tu en auras bien soin? — Accordé. — Mais, dis-moi donc! Il me semble que ton père ne devait se mêler de ton mariage que pour le bénir? — Que fait-il de sa promesse?

RETNOLO.

Il 7 manque, voilà tout. On me Fa changé, te dis-je. — Ce qu'il y a d'atroce dans son procédé, c'est qu'il avait accueilli ma petite communication avec une joie très-bien jouée : « Charmante fille! Braves et honnêtes gens! Tu ne pouvais mieux choisir. » Je lui avais passé son habit noir et ses gants blancs, — car il aime à faire les choses en règle ; pour un peu il mettait un brin de myrte à sa boutonnière... Il part, il change d'idée en route, et s'en retourne.

HENRI

T'a-t-il au moins fait part de ses raisons?

RBTNOLD.

Il a d'abord essayé de me dire que je suis trop jeune pour me marier, que... des niaiseries! Bref, il s'est entortillé dans la discussion, et il a fini par m'avouer... ce que c'est que de nous! Lui que j'avais toujours vu si désintéressé! Il faut croire que l'avarice le travaillait en dessous... il y a eu éboulement subit de sa générosité...

HENRI

Quoi! c'est pour la question d'argent?

REYNOLD

Comme si je n'étais pas assez riche pour deux !

HENRI

Il ne sait donc pas que nous avons une vieille tante millionnaire?

àCTE DEUXIÈME. ^65

RETNOLD.

Vous avez ane tante d'Amérique?

HENRI

A. Avranchesl

REYNOLD

Hé! vive la joiel voilà qui arrange tout! Non, parbleu, il ne se doute pas de cette tante-là! Va-t-il être content !.. j'en suis honteux pour lui 1 — - C'est moi qui bisquais d'aller à Londres 1

HENRI

Tu 7 serais donc allé?

RETNOLD.

Parbleu I on est mineur ou on ne Test pasi Je dois encore trois mois d'obéissance à papa... mais comme je tombais entre ses bras le 11 octobre pour fêter avec lui mon anniversaire ! — J'aime autant ne pas attendre jusque-là.

HENRI

Ne perds pas de temps : nous partons demain.

RETNOLD.

Avant la fin du jour, vous le verrez paraître... en habit noir et en gants blancs!., je cours, (sur u porte.) Mais que je suis bête ! il est bien plus simple de l'attendre ici.

HENRI

U va donc venir?

RETNOLD.

En doutes-tu? suis bien ses mouvements : il sort dn pré<^ toire...

HENRI

Un peu confus de son procédé militaire...

4f56 MADAME CAYERLET.

REYNOLD

Il 53 hâte d'ouvrir ma porte...

HENRI

Il trouve la chambre vide...

RBYNOLD.

Il devine que je suis ici, et il accourt furieqx peup me ramener.

HENRI

Par l'oreille!

C'est probable. — Alors je lui assène sur la tête le million de ta tante; je profite de son étourdissement pour le jeter aux pieds de fa mère, et j'^ur^i passé ma JQ^rnée fiveç ta sœur et toi.

HENRI

Très-bien combiné.

REYNOLD

Mais, au nom du ciel, ne me laisse pas languir dans cette barde ridicule I Si Fanny me surprenait là dedans, j'en ferais une maladi§4 çQïpm^ dit papa,

HENRI

Allons, coquet! viens dans ma chambre.

UN DOMESTIQUE, entrant par le fond.

Il y a là un étranger qui demande à vous parler, monsieur.

HENRI

Faites-le entrer, et priez-le de m'attendre un instant. {k ReynoM.) Au vestiaireî

Ik aorteut par U droite.

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