SCENE V
Les Mêmes, FANNY.
FANNT.
On charge nos bagages, maman. Est-ce que nous partons tout de suite?
HENRIETTE
Oui, mon enfant, nous partons pour Paris.
FANNY
Pour Paris? — Ah! oui... l'héritage!
HENRIETTE
Mais au^Saravant j'ai quelque chose à te dire.
Elle l'assied sur le canapé.
CAYERLET.
Je vais avertir Henri. (Fausse sortie. Embrassant Fannjr.) Adieul
11 sort précipitamment.
FANNY, à part.
Comme il est ému!., (venant s'asseoir sur !• eantpé prit de ••
mère.) Qu'as-tu donc à me dire, maman?
618 MADAME GAVERLET.
HENRIETTE, après nniileDce.
Il y a d'étranges fatalités dans la vie des femmes, mon enfant. Je crois qne Dieu crée pour chacune de nous Thomme qui doit la rendre heureuse. Tant pis pour celle qui ne le rencontre pas; malheur à celle qui le rencontre trop tard I
FANNY
Trop tard?.. Ahl oui! mariée à un autre.
HENRIETTE
Gomme j*ai rencontré M. Gaverlet.
FANNY
Mais, toi, le divorce t'avait rendu la liberté.
HENRIETTE
Et s'il ne me l'avait pas rendue?
FANNY
Tu aurais été bien malheureuse, c'est vrai t
HENRIETTE
Eh bien... (a part.) Je ne peux pas!
Eh bien?
HENRIETTE, avee effort.
Eh bien!., j'ai à Paris une amie d'enfance qui est dans cette douloureuse situation.
FANNY
Et tu vas la consoler? la soutenir?
HENRIETTE
Je te demande pour elle toute ta compassion... tonte ton indulgence. Elle a rencontré trop tard celui qu'elle devait aimer; ne pouvant l'épouser, elle n'a pas eu le courage de L'éloigner; elle vit avec lui... comme je vis avec M. Gaverlet