ACTE QUATRIÈME
PÀNNY.
Mais... sans être mariée?
HBNHIETTE, à part, avec désespoir.
Elle ne comprend pas !
PANNY.
Et tu 'me demandes mon indulgence pour elle ? Tu lui accordes la tienne?
HBNRIBTTE.
Hélas I elle était si jeune I Elle ayait tant besoin d'affection 1
Elle n'avait donc pas d'enfants?
HENRIBTTE| se levant brasquement et d'nne voix loqrde*
Elle en avait.
PANNY.
Elle ne les aimait donc pas ?
HENRIETTE» arec «tploiioii.
Oui, tu as raison ! elle ne mérite pas de pitié ! L'amour maternel devait suffire à la défendre ! Puisqu'elle n'a pas respecté ses enfants, qu'elle boive leur mépris sans se plaindre... s'il ne lui reste pas assez de cœar pour en mourir !
(Tombant sar le £aiiteuU près de la table.) Ah! paUVre femme! SOU
châtiment passe son crime ! Hélas I toutes les âmes ne sont pas de force à sacrifier la passion au devoir. ••
PANNY.
C'est pourtant si facile et si doux !
HENRIETTEi la regarde avec étonnçment, se lère et vià elle.
Qu'en sais-tu ? (Pannj baisse les yeux.) Ah t.. elle aime Rejnoldl
PANNY9 Tivementfl
Non, maman, je t'assure.
520 MADAME CAVERLET.
HENRIETTE, lai prenaut les maÎDa.
Tais-toi, n'essaye plus de me donner le change... Et moi qui ne t'avais pas devinée ! Ah ! cher ange de Dieul tu trouvais dans ta tendresse le courage de me cacher ton chagrin l..
Je t'aime par-dessns tout.
HENRIETTE, très-ezaltée.
Et moi, crois-tu que je ne donnerais pas ma vie pour assurer ton bonheur?., (a eiie-mème.) Gomme je vais me racheter! Gomme 'elle me pardonnera! (a Faony.) Il y avait an obstacle à ton mariage : dans une heure cet obstacle n'existera plus... Tu épouseras Reynold.
FAN NT, lui sautant au «ra.
Vrai?
HENRIETTE
Ah! je peux t'embrasser maintenant! (euo la eouvro dabaisen et
l'entraîne avec elle sur le canapé.) Oul, tU l'épOUSeraS... et alors tu
ne pourras plus douter de ma tendresse !
FANNY, glissant aux genooi de sa mère.
En ai- je jamais douté?
HENRIETTE
Peut-être... mais n'en doute plus, mon adorée! Conserve-moi une petite place dans ton cœur auprès de ton mari, et je te bénirai toujours... comme je te bénis en ce mo-
ment! (EUe fait un geste de bénédiction sur la tète de Fauny et lui pose no
baiser an front.) Et maintenant va, mon entant, va achever ie^ préparatifs.
FANNY
Oh! que je suis heureuse!
Elle sort par U ^nebe.