‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 49 sur 320 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LÉA) toujoara affaissée anr ses genoux^ les jenz baisaéa et d'uno voix aourdo.

C'était leHrois septembre... <^

PAUL

Eh bien? Ah! oui, le jour..»

LÉA

De votre mariage I — En plein cœur, sans détour. Je venais d*en avoir la nouvelle brutale.

0 mon Dieu!...

PAUL

LÉA

Tout à coup,, la chambre nuptiale Qui s'ouvrait devant vous apparut à mes yeux ; Tout mon être frémit d'un besoin furieux De me venger de vous, de me souiller, que sais-je? De mériter mon sort par quelque sacrilège ! Et quand à la raison l'horreur me rappela... Si la honte tuait, je ne serais pas làl Vous me méprisez moins que je ne me méprise, Et j'ai la plaie au cœur que rien ne cicatrise.

PAUL, aprèa no silence.

Ton^fiEimû^està moiseiil, je l'ai seul inspiré!

Sur ton égarement qi?un voile soit tiré.

Oublions! notre amour seul est vrai ; tQut Irii vt^nin

N'est qi?uteT>flion^ «r^ênsonge funeste 1

Tu n'as appartenu qu'à moi, tu m'appartiens... |

Il la prend dans aes brM.

Laisse-moi.

LÉA, faiblement.

PAUL

Dn passé renouongiao liens t-^

L^Ay le reponssant «r«o foret •

Jamais! — Entendez-vous? Sur m» vie éternelle, Jamais !

PAUL

Tu peux jurer sur ton âme immortelle!

Notre immortel amour, plus fort que tes serments, Te fera retomber dans mes embrassements.

LÉA

Non, Paul, n'espérez pas cette lâche rechute. Je ne cours même pas les chances de la lutte ; Je pars ce soir.

Tu fuis!

LÉA

Je n'aurais pas besoin, Pour me garder de vous^ de m'en aller si loin : Entre nous désorinais il existe un abîme Que peuvent seuls franchir l'impudence et le crime. Pour ne pas vous parler de vos devoirs d'époux, Fussiez-vous libre encore ou le devinssiez-vous, Je ne vous rendrais pas Ûétrie et dégradée Celle que pure un jour vous avez possédée. C'est le dernier respect qui me reste de moi, Ma dernière fierté, mon dernier mot, ma loi.

PAUL

Et moi, je ne connais et je ne veux connaître D'autre loi que l'ardeur sans nom qui me pénètre. Tu ne partiras pas... non! je te le défends ! Pourquoi nous torturer? Sopumes-nous des enfants? Qu'est-ce donc, après tout? un accès de folie! Je l'oublirai, te dis-je.

LÉA

Hélas I rien ne s'oublie.

AGTETROISIËMB.

PAUL

Je m'en sonyiendrai donc, mais pour plus t'adorer! Ma passion ne fait que s'en exaspérer... Ce qui se passe en moi, je l'ignore; Toutrage A changé ma tendresse en espèce de rage...

Léa fait nn mourement vers la porte ; Paul loi barre le pasaago.

Ne crois pas m'échapperl..,

De la violence?

PAUL

Ouil

LÉA a'élanee rers nn timbre et sonne ; Martin parait sur la porte.

Reconduisez monsieur, — je n'y suis plus pour lui.

Paul, aprèa une hésitation, sort en secouant la tâte d'an air résola.

La toile tombe.

Page 1