SCÈNE V
(lo silence.
L'appel de votre ami, eomment est-il conçu? Montrez î
PAUL, froidement.
Vous savez bien que je n*ai rien reçu.
Ah! je doutais encore! Oui, dans ma conscience L'énormité de l'acte en troublait Tévidence. C*est donc vrai I vous sortiez d*ici, gai déserteur, Ne laissant après vous que désastre et douleur, Et, sans souci des lois humaines et divines^ Suivant votre caprice à travers nos ruines! Et quel caprice encort dont Tobjet dégradé Par vous-même honni, conspué, lapidé...
PAUL
'J Ce n'était pas à moi de lui jeter la pierre. / Sa faute d'un instant m'incombe tout entière, ç)l^ Ou plutôt c'est à vous... Je jastfl-stnpéfajt y:^^ \\('- Quand je repasse en moi ce que vous avezfeitl A quel titre a-t-il pu^vôuij iitimbier légiliulê De disposer sans moi de mon bonheur intime? De prendre à mon insu ce rôle exorbitant Sur un point où mon cœur était seul compétente Quel pouvoir paternel explique ou justiûe Cette intervention furtive dans ma vie?
Encore si c'était prudence à mon endroit, Sollicitude outrée et dépassant son droit... Mais non ! ce qui vous touche et ce qui vous soucie, C'est le contentement de votre fantaisie I Vous brisez les liens qui gênent vos projets Sans vous inquiéter si mon cœur tient après ; Vous me bouclez saignant dans un prompt mariage Et vous vous indignez lorsque je m'en dégage? Que dirais-je donc, moi? Si vos soins clandestins N'eussent pas détourné mes faciles destins, Je pourrais aujourd'hui, libre de toute attachn« Épouser sans remords Léa libre... et sans tache;
ÀGT£ QUATRIEME.
Tandis qne, grâce à tous, je me trouve réduû A forcer le bonheur comme un voleur de nuit I
Bref, monsieur, vous voulez pour vous croire excusable, De votre cruauté me rendre responsable, C'est un moyen commode à vous tranquilliser. Mais, souvenez-vous donc, avant de m'accuserl Qaand vous êtes venu me demander Camille, Vous ai-je pris au mot pour en faire ma iille? Non, mon consentement est resté suspendu. « Voyage un mois ou deux, vous ai-je répondu^ Jusqu'au fond de ton cœur prends le temps de descendre Pour voir s'il n*a gardé du passé que la cendre. )> ^ Et quand, un mois après, vous avez reparu Vous affirmant guéri, qui ne tous aurait cru?
PAUL
Ce qu'il fallait me dire, alors, c'était Tépreuve...
forestier.
Au risque, n'est-ce pas, Léa n'étant pas veuve. De vous faire rentrer, par regret ou remords, Daas une liaison sans avenir alors?
PAUL
Puisque tous aviez peur de rouvrir ma blessure. Ma gaérison pour vous n'était donc pas bien sûre?
forestier.
Elle était trop récente encor pour l'éprouver. J'attendais qu'un enfant, hélas, vint l'achever.
Il n'en est pas venu, grâce au ciel ! Je suis libre.
forestier.
Décidément au cœur il vous manqae une libre. Mais je comprends d^ailleïïrs.jpaFTangoisse où je suis. Qu'on rende grâce à Dieu de n'avoir pas de fils.
hB
— Vous avez une femme au moins, et je vous somme S'il reste quelque chose en vous d'au hoûilête homme...
PÂÛLy iroDique.
De respecter le piège où vous m'avez surprît?
Eh bien, non I S'il faut être honnête homme à ce prit.
Non! je ne le suis pas et je né veux pas Yèite.
Je commence un peu tard, monsieur, à vous connaître; Mais vous me connaîtrez aussi; je vous préviens Qu'entre nous votre firin(jft a yompu tous liens : Que je n'ai désormais d'autre enfant (JueJuanÛUfii^ Que vous êtes pour mol Tennemnie ma lille, Et que je la saurai contre vous protéger Comme je le ferais contre un gendre étranger «
PAUL
Ma résolution est égaie à la vôtre :
Poussez celle que j'aime entre les bras d'un autre, Car j'ai cru vous comprendre, et je vous avertis Que, si vous l'emportez, vous n'avez plus de fils.
A.hl parbleu, tuez-vous! moi, je vous le conseille; Mais pas le lendemain du déshonneur, la veille ! Sachez, si votre but était de m'eff rayer, Que j'aime mieux vous voir mort que banqueroutier !
PAUL
Monsieur !
Banqueroutier, oui, monsieur, sans nul doute. 'j j Ne méditez-vous pas la pire banqueroute. Celle de la pitié, de la foi, du serment? Vous dérobez-vous pas à tout impudemmeht? Que vais-je Itii répondre à cette jeune fenimè