ACTE QUATRIÈME
A qui Yons emportez Tépargne de son âme. Qui n*a rien réservé d'elle en dehors de vous , Et pour qui l'univers se borne à son époux?
PAUL
Pardon, monsieur, pardon! vous êtes trop modeste.
Ne lui restez-vous pas tout comme elle vous reste?
Pour elle, vous et moi, cet hymen a voulu y '^'^ ' ^'
Moins en faire ma feinmfi f?^^»* q"^ 7*^!»*^ ^'" î ^
A vos combinaisons si je portais atteinte,
Vous auriez un sujet légitime de plainte; \
Mais loin de là : preoant ma propre liberté, \ \..
J'achève entre elle et vous cette paternité, ) ^ ^
Et, pour vous emprunter à vous-même un mot tendre, \
Je vous déliv*' «^^«^ ^ftipî* ^'"^ S}^ q"*^ ^'"^ P^pti^^pa 1
Pouvez-vous bien railler en de pareils momeutsi — Elle en mourra, monsieur I
PAUL, haussant les épanles.
Gomme dans les romans?
Tais-toi, lâche, tais-toi!
Il s'arrôte comme étOQoé de sa violence, passe la main sor ton front ei revenant à Panl.
Mon fîlsl ô cieU est-ce possible?
En sommes-nous venus à cette lutte horrible? Un père avec son ûls, deaz êtres droits et bons! Est-ce à toi que je parle? Est-ce toi qui réponds? l
Toi qui fus si longtemps ma joie intérieure, Qui me tins lieu de tout, hélas! jusqu'à cette heure ; Qui voulus rester seul dans mon affection. Et me payas si bien de ma soumission Qu'il ne me vint jamais cette pensée amère Qu'une autre eût mieux que toi su remplacer 'ta mère...
Lui prenant la main.
Par la même pitié qui triompha de moi, Grâce! ne chasse pas ma fille de chez toi!
PAUL, très-ému.
Qui m'aurait dit qu'un jour, ô père! 6 mon cher père! Tu me ferais en vain une telle prière? N'exige pas, au nom de ce grand souvenir. Ce que je promettrais sans pouvoir le tenir! N'as-tu pas reconnu, rien qu'à mon insolence. De quelle passion je subis la puissance? Que me demandes-tu de lui faire la loi, Quand c'est elle à ce point qui dispose de moi?
Eh bien, rien qu'un délai I Qu'au moins notre naufrage Ne soit pas consommé par une heure d'orage! Rien qu'un jour! Ce n'est pas te demander beaucoup. .. Mais ce vent de malheur va tomber tout à coup, J'en suis sûr!
PAUL
Je devrais te refuser, mon père ; Car, si c'est vraiment là ce que ton cœur espère, C'est en vain.
Non, mon fils, non, ce n'est pas en vainl Tu seras un autre homme en t'éveillant demain Et tu ne penseras à cette créature Que pour te rappeler son ignoble aventure. Et te la figurer, sous son masque ingénu, Pâmée entre les bras du premier sot venu.
PAUL, se levant avec Tiolenoa*
Elle ne sera plus qu'à moi, la misérable ! Laissez-moi passer!