‹ Théâtre complet de Émile AugierChapitre 104 sur 291 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HONTRICHARD.

Hais, mon cher monsieur, quand je vous aurai fourré un pouce de fer dans le bras, cela ne prouvera pas que vous liriez bien Tépée.

BAUOBL.

Aussi n'est-ce pas là ce que...

MONTRICHARD

Quoi donc alors?

BAODBL.

C'est très-délicat à expliquer.

HONTRICHARD.

Dites la chose brutalement, parbleu! nous avons un compte ouvert.

BAUDEL.

Vous avez raison... c'est un échange que je voudrais vous proposer.

HONTRICHARD.

Un échange de quoi contre quoi? Sapristi ! vous ressemblez à ces bouteilles de Champagne qui font semblant de partir pendant un. quart d'heure!... Demandez le tire-bouchon, morbleu !

BAUDBL.

Eh bien, monsieur n'avez-vous pas pris pour devise

Cruore dives ?

MONTRICHARD

Oui, monsieur, oui, Cruore dives, enrichi par son sang. Seulement, je n'ai pas pris cette devise; elle fut donnée par Louis XIV, avec la terre de Montrichard, à mon quadris^eol^ qui avait reçu huit blessures à la bataille de Senef.

BAUDEL.

Combien valait alors la terre de Montrichard?

166 LE Mariage d'olympe.

MONTRICHARO.

Un million.

R AU DEL, les jenx baissés.

Cela fait cent vingt-cinq mille francs par blessare. Je ne suis pas aussi riche que Louis XIV, monsieur ; mais il y a Llessure et blessure... Une égratignure au bras, par exemple, ne TOUS semblerait-elle pas bien payée à cinquante mille irancs?

H ONT RICHARD, sévèrement.

kfl Vous voulez m' acheter un coup d'épée?... Vous êtes fou

RiUDEL.

Remarquez bien que j'ai plus intérêt que vous à tenir notre marché secret... Ce marché en lui-même n'a rien de répréhensible : le prix du sang a toujours été honorable, votre devise le prouve ainsi que le remplacement militaire*

MON T RICHARD, après nne hésitation.

Ma foi, mon cher, vous me plaisez... je serais bien embarrassé de dire pourquoi, mais vous me plaisez, et je veux m'amuser à faire de vous un homme à la mode. Je recevrai votre coup d'épée, mais gratis, entendez-vous?

BAUDEL, à part.

Ce sera plus cher, n'importe I

MONTRICHARD

Envoyez-moi vos témoins.

BAUDEL.

Mais la cause de la querelle?

MONTRICHARD

Vous TOUS appelez Baudel : j'ai dit qu*il faudrait barrer l'L.

BAUDEL.

Très-bien! Montrichard, c*est entre nous à la vie, à la mort!

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