ACTE TROISIÈME. U
MONTRICUARO.
Tout?
PAULINE
Tout ce qui était racon table.
MONTRICHARD
Très-bien. ^ Vous venez d'embarquer Irma?
PAULINE
Oui, cher ami.
MONTRICHARD
Cette séparation douloureuse m'explique votre air joyeui«
PAULINE
Mon air joyeux vient d'une découverte que j'ai laite.
MONTRICHARD
Laquelle?
PAULINE
La clef des champs.
MONTRICHARD
Et c'est?...
PAULINE
Une clef, parbleu 1 Ne m'en deknandez pas davantage. Qu'il vous suffise de savoir que je ferai un éclat, qu'il n'y aara pas de procès, et que je garderai mon titre de comtesse et mes donations matrimoniales.
MONTRICHARD
Bon cela !
Vous voilà content : vous épouserez Geneviève. Soyez heureux, mon bel Alfred, et ayez beaucoup d'enfants. Mais, si vous voulez un conseil d'ami, ne donnez pas à vos filles
la déplorable habitude de tenir leurs pensées en partie double.
HONTRICHÂRD.
Je ne comprends pasi
PAULINE
Ça fait ressembler les jeunes personnes à ce piano de TExposition universelle qui note les airs à mesure qu'on les joue; c'est très-dangereux.
HONTRICHÂRD.
Pas (le bêtises, Olympe ! je te défends de compromettrB mademoiselle Geneviève...
PAULINE
Fi donc! pour qui me prenez-vous? Je vais jouer sur ee clavier d'ivoire ane petite romance de ma composition, et^ quand elle sera notée, je me sauverai avec ma musi<iue, voilà tout. Histoire de calmer les nerfs à la noble famille.
HONTRICHARD.
Pas de logogriphe, je vous en prie.
PAULINE
Vous serez bien avancé quand vous serez mon complice!
MONTRICHARD
C'est vrail je ne veux tremper dans vos diableries qu^en qualité de bon génie.
PAULINE
Mes diableries ne sont pas bien noires. Il s*agit simplement de me garder à carreau. Je ne veux pas de mal à cette petite fille, moi, et je lui en ferai tout juste ce qu'il en faut à ma sûreté. D'ailleurs, n'êtes-vous pas là pour tout réparer^ vertueux Alfred?
MONTRICHARD
Je ne demande qu'à réparer... pourvu cependant qp% le dégât.