‹ Théâtre complet de Émile AugierChapitre 17 sur 291 · UN LAQUAIS · texte numérisé non relu

UN LAQUAIS

Madame la margrave de Rosenfeld.

SPIEGEL, à part.

Est-ce que tout Talmanach de Gotha va défiler ?

Lequel de vous, messieurs, est M. Frantz Mlher?

FRANTZ

C'est moi, madame.

LA MARGRAVE

J'ai un service à vous demander, monsieur.

FRÉDÉRIQUE, approchant une eiuîst.

Veuillez vous asseoir, mesdames.

< (TE PREMIER. 81

LA KARGRAYB.

Merci, madame ; je n*ai que deux mots à dire à monsieur votre mari.

Elle l'assied lar la dlTan aive Dorothte.

FIIILdÉRIQUB, à part.

Mm mav •

FRANTZ

Il ue fallait pas prendre la peine de vous déranger, madame ; il fallait me faire dire de passer chez vous.

LA HARGRAYB.

J'y avais songé, monsieur ; mais les préparatifs d*un départ, les visites d'adieu, les emplettes, occupent tellement ma journée, que je n'aurais su quelle heure vous assigner, et il m'a semblé plus court de venir moi-même, d'autant quQ vous étiez sur mon chemin.

FKANTZ.

C'est beaucoup d'honneur pour ma pauvre maison.

LA MARGRAVE

Vous devez avoir dans vos cartons un Bequiem,

SPIBGEL, toujouri peignant.

Non, madame, non, il n'y en a plus. On vient d'enlever le dernier; mais, si vous voulez une marche funèbre, il nous en reste une en très-bon état.

LA MARGRAVE

Quelle est cette plaisanterie ?

FRANTZ

La vérité, madame : il sort d'ici un certain baron de Bc« ghausen...

LA MARGRAVE

Le baron de Berghausen?... Tout s'explique.

3î tA PIERRE. DE TOiA.nK.

SPIEGKL.

Il a fait rafle sur Inîs Requiem.

LA MARGRAVE

Xe suis Contrariée de cetfe'circonf^tance, monsieur ; elle m'enlève la consolation de satisfaire un désir de mon bien* aimé parent. Mais je ne me tiens pas pour batiut, et, yuis* que le baron s'est emparé du Requiem, je pourrai m'arraager de la marche funèbre dont pariait votre ami.

FUANTZ.

C'est bien, madame.

LA MARGRAVE, à FraoU.

Les œuvres d'un homme comme vous ne se marchandent pas, monsieur; veuillez fixer vous-même...

FRANTZ

Je ne peux pas vous domander un prix, madame, après avoir offert pour rien au baron...

LA MARGRAVE

Pour rien?...

FRANTZ

Il ne m'a pas fait la grâce d'accepter, je dois le dire. H a tenu à me jeter un pourboire.

LA MARGRAVE, se levant.

J'accepte votre musique avec reconnaissance, monsieur, à condition que vous me permettrez d'envoyer à madame fm souvenir de moi.

SPIEGEL, à part.

A la bonne heure, celle-là est polie !

DOROTHÉE, qni s'est approchée da cheTalet de Spiegel.

Oh! maman, venez donc voir...

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