ACTE TROISIEME. d()S
ADOLPHE
J'ai donné hier à madame la comtesse et à madame sa mère une sorte de représentation dans ce salon même...
LE MARQUIS
Je le sais, monsieur.
ADOLPHE
Alors, monsieur, vous devinez peut-être ce qui m'amène ?
LE HAHQUIS.
Non« monsieur,
ADOLPHE
Madame la comtesse ne vous a donc pas parlé d'une perle?...
LE UARQUIS.
Non, monsieur.
ADOLPHE
D'une perle qu'elle m'a donnée pour ma femme, en guise d'honoraires...
n montre U perle.
LA MARQUISE
Cette perle ne servait-elle pas de fermoir à une rivière de...?
LE MARQUIS, interrompenU
De diamants?
ADOLPHE
Je crois que oui...
LE MARQUIS, bas, à la marquise*
Voilà une mystification de mauvais goût.
ADOLPHE
J'ai accepté sans savoir ce que j'acceptais ; mais ce matin, contraint par la nécessité (je suis père), j'ai porté ce bijou. •• je suis confus de le dire... chez un joaillier...
264 L£ MARIAGE D'OLTMPE.
LB MARQUIS
Je comprends ; il vous a édifié sur la valeur du cadeau et vous le rapportez.
ADOLPHE
Oui, monsieur... je ne puis croire que madame la comtesse ait eu rintention...
LE MARQUIS
Vous avez raison, monsieur; elle aura pris un bijou pour un autre. Elle sera très-confuse de son erreur, — Donnez-moi cette perle, et permettez-moi de réparer l'étourderie de ma nièce... (u tire un lûiiet de sa poche.) Voici dcux ccuts thalers.
ADOLPHE, homilié.
Ah ! monsieur I,..
LE MARQUIS
Est-ce trop peu?
ADOLPHE
Mais, monsieur, la perle n'en vaut que cent cinquante!
LA MARQUISE
Cent cinquante ! (Aq marquis.) Donnez donc.t (Elle prend u perle et la frappe contre on meuble.) Elle est fine !
ADOLPHE
Que supposiez-vous donc? que je venais réclamer de l'argent... quant au contraire j'en rapporte? M. le marquis parait étonné... Il n'est pas obligé de savoir que je suis de K)nne famille.
LE MARQUIS
Pardon, monsieur!
ADOLPHE
Je sors d'un père qui, sans être gentilhomme, est un de» premiers quincailliers de Paris.