‹ Théâtre complet de Émile AugierChapitre 192 sur 291 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PHILIPPE

Pourquoi donc m'en cacher? après tout, que la honte,

S'il en est là dedans, à sa source remonte !

Je m'en lave les mains, moi! je n'j suis pour rien!

C'est le vice du siècle, en somme, et non le mien t

Des excès de l'argent voilà ce qui résulte :

Dès l'âge de raison on nous dresse à son culte,

Et dans le monde ainsi nous entrons convaincus

Qu'il n'est rien ici-bas de vrai que les écus !

Quand on a de richesse enfiévré tous nos rêves,

On nous glace au réveil par ces paroles brèves :

« Tâche de n'avoir plus besoin de tes parents ;

Ils n'ont pas trop pour eux du pain que tu leur prends. »

Et, nous mettant aux mains un diplôme, arme vaine,

On nous pousse au milieu de la mêlée humaine,

Apres, seuls, impuissants, à percer résolus...

Et l'on s'étonne après que nous ne dansions plus I

MADAME HUGUBT.

Danser est quelquefois très-utile.

CTPRIENNE.

Il me semble Qu'on pourrait être jeune et sérieux ensemble ; Songer, puisqu'il le faut, à gagner de l'argent, Mais par le travail seul et non par l'entregent.

PHILIPPE

Alors, fais-nous, ma chère, un monde où le mérite Se fasse jour lui-même et perce tout de suite.

CTPRIENNE.

Êtes- vous si pressés ?

PHILIPPE

Oui, car nous sommes prêts* A qui la faute? à ceux qui hâtent nos apprêts.

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