‹ Théâtre complet de Émile AugierChapitre 194 sur 291 · PHILIPPE, MADAME HUGUET · texte numérisé non relu

PHILIPPE, MADAME HUGUET

MâDAHB hugubt.

Que nous chantes- tu donc ?

PHILIPPE

Rien du tout... des bêtises.

Aurons-nous à dîner des choses très-exquises? ^oilà la Question.

MADAME HUGUET

Des truffes ; mais tu sais...

PHILIPPE

Je ne les aimerai que s'il en reste assez.

As-tu pris chez Chabot im aspic de laitance?

MADAME HUGUET

Ma foi, noBi c'est trop cher.

Pas pour la circonstance, Diable ! monsieur Joulin est un homme à soigner.

MADAME HUGUET

Je sais bien un moyen plus sûr de le gagner.

PHILIPPE

Et lequel ?

MADAME HUGUET

Ce serait de recevoir sa femme.

PHILIPPE

Ah I non I C'est bien assez de monsieur sans madame. Personne ne la voit.

MADAME HUGUET

C'est justement pourquoi, Si nous donnions Tezemple, il serait tout à toi.

PHILIPPE

Mais il a renoncé lui-même à la produire.

MADAME HUGUET

Oui, jusqu'à ce qu'il trouve accès pour l'introduire. Il cherche un patronage appuyé d'un beau nom, Et c'est sur nous qu'il a jeté les yeux.

PHILIPPE

Eh ! non.

MADAME HUGUET

Sois sûr que c'est le prix qu'il met à ses services.

En tout cas, je suis prêt à bien des sacrifices, Dont ma candeur imberbe aurait jadis frémi, Mais pas à celui-là.

MADAME HUGUET

Pourquoi donc, mon ami?

Ne coudoyons-nous pas tous les jours dans le monde Des femmes contre qui la médisance abonde?

PHILIPPE

Mais on ne fait pas même à madame Joulin L'honneur du mot couvert et du propros malin On en parle tout haut. Tout Paris l'a connue

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