‹ Théâtre complet de Émile AugierChapitre 201 sur 291 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

M AT H IL DE, l'embrusant.

Es -tu gentâle, ya ! — C'est yrai qa'à quarante ans Il est plus jeune encor que tous nos jeunes gens. Il fait un beau contraste avec monsieur mon frôrel

CYPRIBICNB, d'an toa de reprocha,

O Mathilde !

MÀTHILDB.

Quoi donc 1 diras-tu le contraire?

Philippe Va-t-il Tair d'un héros de roman?

Il esl bien, celui-là, Télève de maman I

CTPRIENNB.

Hélai!

MATHILDB.

La pauvre femme a cru faire merveille De verser la prudence en cette jeune oreille ; Et, ne comprenant pas que ce cœur incertain Avait plutôt besoin d'être allumé qu'éteint, Elle 3'est empressée à grand renfort de pompes...

CYPRIENNB, Ti?ement.

Tu te trompes, Mathilde, oh ! certes, tu te trompes 1 Philippe est violent, plus violent qu'Hubert Peut-être, et c'est par là justement qu'il se perd. Mais ce n'est pas une âme aux lâchetés sujette 1 Elle n'y glisse pas, regarde ! elle s'y jette ! Il semble qu'au sommet lasse de se roidir Elle se précipite afin de s'étourdir.

Et qu'à son idéal renonçant avec rage Sa fureur contre lui se retourne et l'outrage... Mais cet eiuportement, le m^priseras-tu ?

C'est la jeunesse encor, c'es'^ encor la vertu... C'est sa convulsion, si tu veux, mais qu'importe? Elle en peut revenir, tant qu'elle n'est pas morte.

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