‹ Théâtre complet de Émile AugierChapitre 202 sur 291 · III · texte numérisé non relu

III

318 Là jeunesse.

MA.THILDE.

Cyprienne?

CYPRIENNE, baissant les yenx sons le regard de Hathilda.

Quoi donc?

MÂTHILDE, loi prenant la main et l'attirant à elle.

Et lui, f aime-t-il?

GTPRIENNE, très-baa.

Oui

MATH1LDE.

Alors, il ne faut pas désespérer de lui.

J'en crois Tamour qu'il sent et celui qu'il inspire.

Mais pourquoi n'as-tu point usé de ton empire*

Pour ramener au bien son esprit égaré?

Il n'est si bon sermon que d'un je ni! (^ curé.

CYPRIENNE

Hélas ! sa grande bâte aux cbemins de traverse. Cette • rd ur d'arriver haletante et perverse, J'en sois la cause.

MATHILDE

Toi?

CYPRIENNE

Puisque j'en suis le but.

MATHILDE

Et tu reçois à gré ce singulier tribut ?

Le crois-tu? noal Je suis humiliée et triste De la métamorphose à laquelle j'assiste.

L'insensé ! comme il joue avef» notre bonheur Quand pour nous enrichir il s'appauvrit le cœur, Comme si la richesse et le luxe suprême N'étaient pas de pouvoir admirer ce qu'on aime I

àCTE DEUXIÈME. 819

MATHILDB.

Eh bien, dis-lui cela.

GTPRIBNNB.

Je n'ose pas.

HÂTHILDB.

Pourquoi?

CYPRIENNE

Depuis que j'ai compris ses sentiments pour moi, Je ne sais quelle honte intimide mon blâme... Mais je crains d'avoir Tair de me croire sa femme, Et mes anciens, mes doux privilèges de sœur Ainsi qu'une caresse à présent me font peur.

MATHILDB.

Ne vous ètes-Yous pas engagés l'un à l'autre?

GYPRIBNNB.

Il ne m'a pas encor parlé.

MATHILDB.

Le bon apôtre !

Que ne te parle-t-ii? qu'a-t-il à ménager? Ne vois-tu pas qu'il craint déjà de s'engager, Et qu'il admet le cas où, pour être plus leste, Il lui faudra jeter l'amour comme le reste?

GYPRIBNNB.

Non, tu lui fais injure.

MATHILDB.

Alors, il parlera.

GYPRIBNNB.

Quoi ! veux-tu le forcer à s'expliquer?

MATHILDB.

Oui-da.

Que je le calomnie ou non, rompons la glace, Soit pour guérir ton cœur et le remettre en place, Soit pour te donner droit de crier casse-cou Sur la pente fatale où court ce pauvre fou.

— Repose-toi sur moi de ta dignité sauve.

LA CUISINIÈRE, entre-bàilUnt la porta.

C'est monsieur Mamignon.

HÂTHILDB.

]\lon adorateur chauve.

— Faites entrer. — Tu fuis?

CYPRTENNK.

Je ne suis pas en train De causer.

Va chez toi dorloter ton chagrin.

Cyprieone sort par la gaache. Hamigoon entre par la droite»

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