PHILIPPE, MADAME HUGUET
PHILIPPE
Ma résolution, ma môre, est absolue, Et toute remontrance est ici superflue.
Parlant, épargnons-nous l'un à l'autre un débat Qui nous irriterait tous deux sans résultai.
MADAME HUGUET
Tu parles & ta mère.
PHILIPPE
Oui, mais je suis en âga De n'écouter que moi touchant mon mariage ; Et, si tu veux ici me traiter en enfant, J'aime mieux m'en aller que...
MADAME HUGUBT.
Je vous le défend.
Restez, mon fils. •— Ce ton de ma part vous étonneT
384 LA JELNESSB.
Veulez-vous me punir d'avoir élé trop bonDO, En ne me rendant pas, aux instants solennels. Ce que j'ai relâché de mes droits maternels ?
PHILIPPE
Pardon, mère, j'ai tort. Mais pourquoi cette Inltc? Â des conseils tardifs pourquoi me mettre en butte
MADAME nUGUET.
Quand je te nourrissais, malgré le médecin,
Cher ingrat, quelquefois tu refusais mon sein,
Et j'étais obligée à plus d'un artifice
Pour réconcilier l'enfant et la nourrice.
Eh bien, c'est mon conseil ici qui te d épi ait?
Je te le dois pourtant, comme autrefois mon lait!
Ne te détourne pas.
PHILIPPE
Au nom du ciel, ma mère.
Fais grâce à ton enfant de ta sagesse amère ! Les secrets de la vie à mon cœur sont mauvais : Ils ont désenchanté tout ce que je rêvais, Ils ont découragé ma jeunesse d'éclore ; Je n'en connais que trop... Garde ceux que j'ignore!
MADAME HUGUKT.
Que je te laisse aller â l'abime, au malheur?
PHILIPPE
C'est ton ambition qui parle, et non ton cœur.
MADAME HUGUET
Ah! mon ambition!... Oui, j'ai mis sur ta tête Des espoirs orgueilleux dont je me faisais fête : Mais le premier de tous, et le plus précieux^ N'en doute pas, mon fils, c'est de te voir heureux*
PHILIPPE
Eh bien, je le serai, mère, par Cyprienne !