ACTE QbATRlÈMB
Je remplirai si bien ma vie avec la sicnno,
Qa*il ne restera pas dans mes rùve-s secrets
De place aux vains dt^sirs, non plus qu'aux vains r<'g*'cU.
— Oli! tu vas m'accabler de ta phrase éternelle,
Que la pauvreté froide à Tamour est mortelle?
Si c'est vrai, ce ne Test que pour les cœurs frileux
Qui u'ont pas un foyer assez puissant en eux :
Mais moil moi, je Qie sens! je suis Ûls de mon pèro,
C'est son sang généreux qui bat dans mon artère,
Et je triompherai, comme il en triomphait,
Des angoisses du sort que je me serai fait.
J'ai pour m*encourager l'exemple de sa vie :
S'est-il pas marié comme je me marie?
Tu n'étais pas, je pense, un plus riche parti
Que Cyprienne : eh bien, s'en est-il repenti?
Oui, oui I baisse les yeux ! Tu n'as rien à répondre.
Et ton exemple seul suffit à te confondre.
MADAME HUGUET
Si jamais couple fier s'est vaillamment jeté
Dans ce rude labeur qu'on nomme pauvreté,
Ce fut ton père et moi. Nous pouvions l'un et l'autre
Former une union plus riche que la nôtre^
Et, pour nous épouser, nous avons, en vrais fous.
Refusé deux partis inespérés pour nous.
Gomme nous nous aimions! comme nous étions braves f
Quel superbe dédain des mesquines entraves !
Nous n'admettions alors, comme vous aujourd'hui|
Ni bonheur sans l'amour, ni malheur avec lui.
Aussi quel heureux temps de joie et de courage,
D'exquise pauvreté dans notre humble ménage.
D'élégance frugale, et de grâce, et de soin.
Le seol luxe, en effet, dont l'amour ait besoin I
PHILIPPE
Ah! je le savais bien, parbleu! que ta jeunesse Serait le démenti de ta fausse sagesse I