SCÈNE ONZIÈME
saule, je regardais couler l'eau. A la vue de ce malheureux qui Se débattait dans l'abîme, je me précipite, je plonge, je le ramène 1
MADAME DÉSAUBRAIS et HENRIETTE
Ah!
MONNERYILLE.
Il m'échappe 1
HENRIETTE et MADAME DÉSAUBRAIS.
Ah! mon Dieu!
MONNERVILLE.
Et redisparaît sous le train de bois... Il était perdu !..
YERDINET.
Vous étiez perdu! Je replonge, je le ressaisis par un bras, je le ramène encore... Sa main crispée m'entrait dans les chairs... mais qu'importe! je nage, je redouble d'efforts, j'arrive, enfin... il était sauvé!
YERDINET, à part.
Ah çà, quelle histoire leur fait-il là?
HENRIETTE, à Monnerville.
Tant de courage! tant d'abnégation! (Lui tendant iam*ia,) Permettez-moi de serrer la main d'un ami...
MONNERVILLE.
Ah 1 madame !
Il lui embrasse la main.
VERDINEl, a interposant.
Mais, monsieur...
MONNERTILT.E, bas, à Verdinet.
Charroante I charmante !
MADAME DESA.UBRAIS, à Verdinei.
Vous ne nous aviez jamais parlé de cette aventure.
HENRIETTE
C'est vrai. Est-ce que vous seriez ingrat, mon ami?
YERDINET.
Moi? Mais...
Oh ! non, Verdinet n'est pas ingrat 1 Si vous aviez été té moin de sa joie tout à l'heure, en me retrouvant... ce cher amil...
Il lui serre la main.
VERDINET, bas et vivement.
Monsieur, je ne vous connais pas, je vous défends d® me serrer la main 1
MONNERVILLE.
Nous venions d'arranger une partie de cheval, en attendant le dîner.
VERDINET.
Une partie de cheval ?. .
MONNERVILLE, à Henriette.
Si madame voulait nous faire l'honneur de se joindre à nous?
HENRIETTE
%h\ bien volontiers!
VERDINET,
Non, c'est impossible 1