‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 132 sur 327 · LE DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

LE DOMESTIQUE

Une lettre pour monsieur, de la part de madame de Torcy.

CHAMEROY, vivement.

Donnez! (Bas, à sa fille.) Ah! VOis-tU qu'il viendra. (Le domestique sort. Ils se lèvent tous trois. Chameroy lisant.) ( Mon

cher ami... » (Avec joie.) EUe m'appelle son cher ami.

HENRIETTE

C'eut familier.

CHAMEROY.

C'est qu'elle se regarde déjà comme de la famille! (Lisant.) « Mon cher ami, avant que vous alliez à quatre heures chez les» Chameroy... »

MADAME CHAMEROY.

«Que vous alliez! » Qu'est-ce que cela veut dire? A qui adresse-t-elle donc?

CHAMEROY, lisant.

« Je crois utile de vous envoyer quelques renseignements précis que j'ai recueillis sur la famille Chameroy... — » Est-ce que cette lettre n'est pas pour moi? (Ramassant l'en-

veloppe de la lettre, il lit.) « Mousicur Chameroy. B (Parlé.) Ah 1

je comprends! la cousine s'est trompée, elle a envoyé la lettre qui était pour nous à M. de Vérac, et elle nous adresse la sienne. C'est une erreur.

HENRIETTE

Alors, papa, il ne faut pas la hi*e.

CHAMEROY.

Sans doute... Cependant j'aurais été curieux de con naître les renseignements qu'elle donne sur nous.

HENRIETTE

A quoi bon?

CHAMEROY.

Ils ne peuvent qu'être flatteurs... Je ne lirai que le commencement. (Lisant.) « Les Chameroy sont les plu5 honnêtes gens de la terre... »

HENRIETTE

Très-bien... J'en resterais là.

CHAMEROY, lisant.

« La mère entend superlativement les confitures... »

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