SCÈNE TROISIÈME
MADAME CHAMEROY.
Hein!
CHAMEROY, lisant.
« Le père moule lui-même ses quittances. »
HENRIETTE, riani.
Çal c'est vrail
CHAMEROY, lisant.
a Le fils est un bon petit jeune homme qui prend l'omnibus pour aller au cours... »
MADAME CHAMEROY.
On dirait qu'elle se moque de nous.
CHA MEHOY, lisant.
« Ces Ghameroy... » (Parlé.) Ces Chameroyl (Lisant.) « Ces Ghameroy ont trois millions de fortune; mais ils semblent avoir été créés et mis au monde pour justifier cet aphorisme : à savoir qu'il est plus difficile pour certaines personnes de dépenser l'argent que de le gagner. » (Parlé.) Qu'est-ce qu'elle veut dire?
HENRIETTE
Je ne comprends pas.
CHAMEROY, lisant.
« Leur appartement est leur portrait... leurs meubles leur ressemblent : c'est solide, bien conditionné, bon teint et afi"reux! »
MADAME CHAMEF.OY.
Gomment 1 Et c'est notre portrait?
CHAMEROY, lisant.
« Les jours de gala, le dîner Ghameroy se ctmposeinva riablement d'un fort filet aux champignons et d'une dinde rôtie aux marrons. >
HENRIETTE
Mais où a-t-elle su tout ça?
MADAME CHAMEROY, prenant la lettre à son mari, et lisant.
« Ces Chameroy ont une écurie qui se compose de deux gros percherons... »
CHAMEROY.
Elle connaît toute la famille!
MADAME CHAMEROY, continuant.
« Agés, l'un de douze ans, l'autre de quatorze... »
HENRIETTE
Jusqu'à l'âge de nos chevaux.
MADAME CHAMEROY, lisant.
« Ces animaux, stupéfaits de ne pas labourer... »
CHAMEROY.
Labourer 1 nos chevaux !
MADAME CHAMEROY.
« Ne sortent jamais les jours de pluie, ni les jours de verglas, ni par le grand soleil. »
CHAMEROY.
Mais c'est de l'espionnage.
MADAME CHAMEROY.
Ahl elle commence à me porter sur les nerfs, la cousine 1 (Lisant.) «Enfin, et pour me résumer, je ne puis comparer cette industrieuse famille qu'à un nid de fourmis. »
HENRIETTE
Des fourmis!
CHAMEROY, reprenant la lettre à sa femme.
Des fourmis!... (Lisant.) « Qui toujours amassent, entas-