SCÈNE SIXIÈME
PAUL
Nous verrons tout à l'heure!... Qu'est-ce que cette pendule?
CHAMEROY.
Un bronze qui m'a coûté huit cents francs 1 Marius sur les ruines de Garthage !
PAUL
A renvoyer à Garthage f
HENRIETTE
Tant mieux! Je Tai toujours trouvé afifreuxî
PALÏ .
Un de mes amis a un modèle charmant dont il veut se défaire. Nous le mettrons à la place de Marius.
MADAME CHAMEROY.
Et le prix ?
Oh! je ne sais pas! G'est un détail! (n continue son fnspection.) Qu'est-ce que je vois?... Des housses?... Enlevons
les housses ! (ll enlève une housse et la remet vivement.) NOU,
non! remettons-les! (Riant.) Oh! c'est admirable!... Vous avez usé vos housses et vos housses ont usé votre meuble! Il est vrai qu'il n'y a pas grand mal! Il était sila'dl si vieux I
MADAME CHAMEROY.
Gomment si vieux ! Il vient de ma mère !
PAUL
Précisément! Il serait plus joli et plus jeune s'il venait de votre grand'mère! J'ai vu hier un délicieux ameubkment. Nous le mettrons là.
Î20 LA CIGALE CHEZ LES FOURMrS.
M. ET MADAME CHAMEROY.
Mais le prix? le prix?
PAUL
Je ne sais pas I Vous le verrez bien en payant
M. ET MADAME CHAMEROY.
Hein?
HENRIETTE
Mais laissez donc parler monsieur.
PAUL, regardant.
Ahl l'affreux papier I nous le cacherons sous de belle tapisseries anciennes... Des verdures 1
M. ET MADAME CHAMEROY.
Des verdures?...
PAUL
A la place de cette table, un beau bureau de Riesnier.. sur ces consoles, — elles ne sont pas mal ces consoles, — de belles jardinières en faïence de Rouen avec des fleurs... C'est que vraiment il prête beaucoup ce petit salon.
MADAME CHAMEROY.
Il prête est charmant 1
PAUL, regardant encore.
ici peut-être un petit lustre... Nous ne mettrons pas de tableaux.
M. ET MADAME CHAMEROY.
Pas de tableaux, pas de tableaux !
PAUL
Alors, dans ce panneau, une étagère, avec quelques bibelots... de belles porcelaines de Saxe... un petit antique...