SCÈNE SIXIÉMK
CHAMEROE^
Un objet d'art, sans doute.
PAUL
\oyezl,.. Je ne peux plus donner, mais je fais donner. Je ne peux plus acheter, mais je regarde acheter. Ouil quand il y a quelque belle collection à l'hôtel des Ventes, j'y cours !... et, si un tableau me plaît... je le pousse... en dedans !... Enfin, car il faut avoir plus d'une corde à son arcl... je me suis décidé à embrasser une profession.
CHAMEROY, se levant et posant le parapluie près de la cheminée.
Une profession! à la bonne heure ! laquelle ?
PAUL
J'ai pris un cabinet...
CHAMEROY.
D'affaires...
MADAME CHAMEROY.
D'affaires?...
PAUL
Oui... d'affaires gratuites 1 Mes flatteurs, quand j'avais des flatteurs, m'appelaient un artiste en dépenses I Or donc, je me suis fait dépensier... consultant! Dès que mes amis ont un hôtel à meubler, un parc à dessiner, une terre à acheter... comme on sait que j'ai un peu de goût, on m'appelle! On m'ouvre des crédits, je les dépasse!... Je me fais l'effet d'un ministre des finances!... C'est l'argent des autres que je remue, mais c'est toujours de l'argent!... Et quand j'ai dépensé cent mille francs à un ami dans ma journée... je suis comme Titus, je m'endors content!... Je suis milUonnaire... inpartibusl
Parbleu!... C'est le ciel qui vous envoie ! donnez-nous une consultation!
PAUL
Comment?
CHAMEROY.
Nous ne savons pas dépenser, apprenez-nous-le ?
MADAME CHAMEROY.
Oui, c'est dans l'intérêt de votre ami M. de Vérac.
PAUL
Mais...
HEiXRIETTE.
Vous ne pouvez pas refuser, monsieur, c'est votre état!..
PAUL
Au fait 1 c'est assez original 1... mais d'abord, voyons!... (a Ghameroy.) Teucz-vous beaucoup à ce mariage ?
CHAMEROY.
Énormément I
MADAME CHAMEROY.
Énormément.
PAUL, à Henriette.
Et vous mademoiselle ?
Je n'ai vu M. de Vérac qu'une fois, au spectacle; mai? il m'a paru distingué de manières, d'esprit et de cœurl
PAUL
On ne peut pas mieux dire I Alors donc, à l'œuvre 1 (u regarde autour de lui.) Il faut d'abord commencer par dépen ser dans ce petit salon...
M. ET MADAME CHAMEROY.
Combien ?