‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 15 sur 327 · ACTE PREMIER. îl · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. îl

AGÉNOR

Mais chaque fois j'ai fait le signal !

LOÏSA

Il n'aurail plus manqué que vous ne le fissiez pas!

AGÉNOR

Pour lundi et samedi, je vous ai expliqué...

LOÏSA

Soit... mais pour hier?

AGÉNOR

Poiu" hier, c'est autre chose... Je séchais.

LOÏSA

Vous séchiez?...

AGÉNOR

Oui, Loïsa... et vous me réduisez à un aveu bien pénible. Ces cheveux dans lesquels vous avez parfois le doux caprice de passer vos doigts, ils n'ont qu'un éclat emprunté.

LOÏSA

Eh bien?

AGÉNOR

Eh bien, hier, il faisait très-humide, le vent soufflait de l'ouest... et ils ne voiûaient pas sécher.

LOÏSA

Est-ce bien vrai?

AGÉNOR

Que je me teins? sur ce qu'il y a de plus sacré. .

LOÏSA

Non, ça, je le savais.

AGÉNOR, très-étonné.

¥ous le saviez?

LOÏSA

Depuis trois ans. (Allant s'asseoir sur le canapé,) C'était poui

me plaire, j'ai cru devoir reconnaître cette attention en feignant de ne pas m'en apercevoir... car j'ai toutes les délicatesses, moi.

ÂGÉ NCR, assis près du canapé.

Toutes... vous les avez toutes 1 ah! Loïsa que vous me faites de bienl Je tremblais de voir diminuer mon prestige en vous faisant cet aveul C'est si ridicule de se teindre I c'est pire que de porter perruque... car enfin la perruque a une excuse... le rhume de cerveau... tandis quo la teinture...

LOÏSA

C'est de l'amour !

AGÉNOR

Ahl oui] — Les fausses dents aussi...

LOÏSA

Les fausses dents?

AGÉNOR

Pendant que j'y suis, j'aime mieux tout vous dire, j'en ai trois.

LOiSA, se levant.

Agénor, ce que vous faites est infâme 1 Vous n'avez pas de fausses dents, vous voulez me désenchanter de vous.

AGÉNOR, à part.

Pincé !

LOÏSA

Mais ce que j'ai aimé en vous, ce n'est pas votre phy-

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