‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 16 sur 327 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

sique... il est médiocre. (Agénor se lève.) C'est votre crânerie, c'est la noblesse de vos sentiments, la grâce de vos manières...

AGÉNOR, à part, tristement.

Chic funeste !

Croyez-vous que je me serais détournée de mes devoirs pour un bel homme ? J'étais un ange, monsieur 1 rappelezvous mes remords! en ai-je eu assez? j'en étciis assommante, disiez-vous alors!... et aujourd'hui on dirait que c'est vous qui en avez.

AGÉNOR

Eh bien, oui, j'en ail et vous me feriez bien plaisir, mais, la, bien plaisir de les partager.

LOÏSA

Il est trop tard, monsieur.

AGÉNOR

11 n'est jamais trop tard pour bien faire... quand je pense que j'attente depuis trois ans à l'honneur de l'homme... qui a sauvé le mien! Sans lui, je faisais faiUite, j'étais rayé des cadres de l'armée.

LOÏSA

Vous l'avez remboursé.

AGÉNOR

J'ai remboursé l'argent... mais le reste!

LOÏSA

Vous vous êtes battu pour lui, partant quittes.

AGÉNOR

Non ! pas pour lui, Loïsa, pour vous.

LOÏSA

A sa piace, du moins.

24 LE PRIX MARTI iN.

AGÉNOR

Mon Dieu... c'était dans la foule du feu d artifice... derrière vous, un insolent vous avait arraché... un cii, je le giflai, c'était une affaire entre lui et moi.

LOI SA

Une affaire que M. Martin devait réclamer pour lui seul... il se borna à vous servir de témoin... c'est depuis lors que je n'ai plus le moindre remords.

AGÉNOR

On peut n'être pas un gladiateur et avoir encore bien des qualités... Je vous assure qu'il vaut mieux que moi, cet homme... j'ai peut-être plus de briUant, mais il a plus de fond! Si vous le connaissiez comme moi...

LOÏSA, haussant les épaules.

Je le connais mieux que vous!

AGÉNOR

Non, puisque vous ne Taimez pas... Enfin que lui reprochez-vous, à part ce duel?

LOÏSA

ToutI il est grotesque jusque dans son sommeil, il ronfle !

AGÉNOR

Ça, c'est un embarras de la muqueuse, le cœur n'y esit pour rien.

LOÏSA

Mettez-le sur un piédestal, n'est-ce pas? c'est obligeant pour moi! ne voyez-vous pas que, si M. Martin est ui^. ange, je suis un monstre?

AGÉNOR

Non, Loisa,le monstre c'est moi! Vous ne pouviez trom-

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