SCÈNE HUITIÈME
HENRIETTE
Comment! je suis si ridicule que cela?
PAUL, coQtiauant A l'imiter.
« Ils passaient par Nanterre, tra tra tral... Ils rencontrent un pauvre homme à cheval 1 gare! gare! gare! >
HLiSiilETIE.
Oh! assez! assez! c'est affreux! mais que faut -il donc faire pour bien lire?
PAUL
Ah I ce n'est pas moi qui suis capable de vous l'apprendre!... mais je connais un habile homme...
n ENRIETTE.
Je le prends!... après?...
Comment, après?
HENRIETTE
Mais tout cela n'est encore que de l'agrément, il faut arriver au sérieux.
PAUL
Au sérieux! mais nous y sommes... (Montrant le livre.) avec cette charmante créature que votre instinct vous a conduite à aimer! Elle vous montre qu'on peut être à la fois rieuse et sérieuse... Faite pour le monde et faite pour l'étude, car elle lisait tout, s'intéressait à tout, s'occupait de tout, de science sans être pédante, de poésie sans être bas-bleu, de métaphysique sans être ennuyeuse... Et, si vous ajoutez qu'en outre elle fut la plus honnête des femmes, la plus dévouée des amies, et la plus tendre de? mères., tendre jusqu'à l'héroïsme, la pauvre «femme!... car elle est morte en soignant sa fille, et d'avoir soigné sa
fille ! (Madame Chameroy essuyé ses yeux.) AloiS VOUS COmprcn-
irez que tous mes conseils se réduisent à un seul ! Vous voulez être une bonne femme et une charmante femme? Eh bien, voilà le modèle!... Tâchez de lui ressembler 1... Ah! bon Dieu! voilà que fai fait une conférence sur madame de Sévignél Non, ma parole d'honneur! vous njfaites faire des choses incroyables !
MADAME CHAMEROY, à part.
Il me plaît! il me plaît!