SCÈNE HUITIÈME
^pp^enez, monsieur, que ma fille a été élevée dans la meilleure pension de Paris! et qu'elle suit encore maintenant un coura de littérature 1
Elle prend le livre qui est sur la table. HENRIETTE.
Monsieur demande comment je lis .
MADAME CHAMEROT
Elle lit! elle lit!... comme elle parle!
PAUL
Ahl si c'était vrail... Nous allons bien voir!... (Apercevant le livre que tient madame Ghameroy.) Qu'cst-Ce qUC Ce livre-là? Lettres choisies de madame de Sévigné! Parfait! la passion de madame de Vérac. (ii ouvre le livre.) La lettre sur l'archevêque. . . tenez.
HENRIETTE
Comment? lire tout haut?
PAUL
Oui.
HENRIETTE
Devant VOUS?... Oh! vous me feriez trop peur 1
PAUL
Il n'y a pas de quoi... Allez!
HENRIETTE
Quoi! vous voulez?,..
Allons , du courage !
HENRIETTE', elle prend le volume et lit en écolièro, en pensionnairsj sans nuance et d'un train de poste.
L'archevêque de Reims revenait hier fort vite de Saint-
Germain... c'était un tourbillon. Il croit Lien ôtre grand seigneur, mais ses gens le croient encore plus que lui. Ils passaient au travers de Nanterre, tra tra tra! Ils rencontrent un pauvre homme à cheval... Garel gare! »
MADAME CHAMEROT, avec enthousiasme.
Charmant! charmant! (a Paul.) Qu'est-ce que vous dites de cela? parlez franchement...
HEiNRIETTE.
Oui, parlez... franchement.
PAUL, gaîment.
Franchement... Eh bien, je dis que ce n'est pas cela du tout
MADAME CHAMEROT
Hein!
HENRIETTE
Comment?
PAUL
Pourquoi chanter en parlant? pourquoi parler en galopant? pourquoi cesser d'être vous-même?
PAUL
Est-ce que vous diriez en causant : (Prenant son ton de pensionnaire.) « L'archevêque de Reims revenait hier fort vite de Saint- Germain... c'était un tourbillon. »
HENRIETTE
Oh! non!
PAUL, continuant toujours en l'iraitant.
« Il croit être bien grand seigneur, mais ses ge.iS le croient encore plus que lui! »