SCÈNE DIXIÈME
PAUL, continuant.
a Et tu la refuses! Tu la refuses parce que tu crois que tu sevas un peu embarrassé d'elle! Mais, misérable! saistu bien la chose que tu as craindre ? C'est que tous tes amis n'en deviennent amoureux... à commencer par moi! »
CHAMEROY
Bravo! bravo!
PAUL, lisant toujours.
« Ainsi, animal! arrive bien vite! Viens demander pardon à genoux de la lettre que tu as écrite, et qu'on veut bien te pardonner à ma prière ! »
CHAMEROY.
C'est parfait! voilà une enveloppe!
HENRIETTE, l'arrêtant.
Pardon !
HENRIETTE, à Paul, prenant la lettiie.
Monsieur, pensez- vous tout ce que vous avez écrit là?
PAUL
Sans doute...
HENRIETTE
Vrai?
PAUL
Je vous le jure ! (Henriette va pour déchirer la lettre.) Que VCUt
dire... ?
HENRIETTE
Cela veut dire, monsieur, que vous avez bien mal plaidé la cause de votre ami...
Elle va encore pour déchiier la lettre.
PAUL, avec conviction.
Arrêtez, mademoiselle! je vous en supplie!... C'est votre bonheur que vous détruisez làl... Le vôtre et le sien!.. Je ne «ais pas de plus noble cœur, de plus charmant esprit que Véracl... Et je ne sais personne de plus digne de lui que vous! Ohl ce ne sont pas là de vaines paroles de galanterie!... Je ne vous connais que depuis un moment, mais ce moment m'a suffi pour voir ce que vous êtes et ce que vous serez!... Je vous en supplie, mademoiselle! n'enlevez pas une telle femme à mon ami 1
HENRIETTE
Mon Dieu ! quel mauvais avocat vous faites 1 (Elle déchire la lettre.) Dites à M. de Vérac que, si maintenant il revenait à moi, c'est moi qui le refuserais.
CHAMEROr.
Tu le refuserais ?
PAUL
Pourquoi ?
HENRIETTE
Pourquoi? Je vous le dirai un autre jour... peut-être ja mais, peut-être demain ! car nous nous reverrons, vou me l'avez promis !
PAUL, à M. et madame Ghanieroy.
Me le permettez- vous ?
CHAMEROY.
Tant que vous voudrez !
HENRIETTE
Eh bien, à demain!
PAUL
A demain.
Il lort.