‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 18 sur 327 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LOISA, puis HERNANDEZ.

LOÏSA, seule.

Immolez donc votre pudeur à un hommei pour vous voir préférer votre mari 1

HERNANDEZ, eatraut du fond.

Dieu vous garde, cousine! Ferdinand n'est pas ià?

XOÏSA.

Non, mais il va rentrer. Comme vous êtes rouge I

HERNANDEZ

Je viens de jouer à la paume. La paume est un jeu qui développe le muscle... et le muscle, c'est l'homme. — Je

vous apporte l'objet que vous m'avez fait l'honneur de me demander.

LOISA

Quoi donc?

HERNANDEZ, tirant une photog^raphie de son portefenille.

Le portrait de la reine n>on épouse.

LOI s A, prenant la carte.

Une photographie 1 il y a donc des photographes chez les Peaux-Rouges?

Non, je l'ai fait faire de mémoire, rue Vivienne... Ça ne lui ressemble pas, mais ça me la rappelle.

LOI SA, regardant la photographie.

Oh ! qu'elle est laide !

HERNANDEZ, avec complaisance.

Oui, elle est assez laide.

Loïsa lui rend la photographie.

LOÎSA.

Gomment, mon pauvre cousin, vous avez eu le courage...?

HERNANDEZ

J'étais en verve 1 Et puis l'éclat du diadème... D'ailleurs, il s'agissait de sauver ma vie... et celle de mon domestique. Nous étions tombés dans une embuscade de Ghichimèques.

LOÏSA, à part, regardant la pendule.

Trois heures et demie... Et mon rendez-vousl

HERNANDEZ

On me conduisit devant la reine, dans le costume du pays. Le roi était mort depuis huit jours, et le veuvage

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