‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 17 sur 327 · ACTE PREMIER. 2c · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. 2c

per que lui, puisque vous êtes sa femme... tandis que moi...

LOÏSA

Soyez franc! c'est une rupture que vous cherchez?

AGÉNOR

Une rupture? jamais! une simple modification. Le rôle de la femme sur cette terre n'est-il pas de revenir à son mari après l'avoir trompé? Rentrons dans le giron , Loïsa.

LOÏSA

Assez, monsieur. Je sais ce qu'il me reste à faire... je ne survivrai pas à votre lâche abandon, je vous en préviens.

AGÉNOR

Vous dites toujours cela.

LOÎSA.

/ous le croirez peut-être quand je ne serai plus. J'ai dans le chaton de ma bague un poison subtil, celui dans lequel les Indiens trempent leurs flèches. Il m'a été rapporté par don Hernandez, le cousin de mon mari.

AGÉNOR, incrédule.

Ahl ouat!

Ah! ouat?... Adieu, Agénor... adieu.

Elle fait le geste de porter la bagut à ses lèvres. AGÉNOR, l'arrêtant.

Pas de bêtises, Loïsa !

LOÏSA

Je ne comprends que cette façon de rentrer dans la giron, comme vous dites

se LE PRIX MARTIN.

AGÉNOK^

Alors n'y rentrez pas, j'aime mieux ça. (a part.) Avec les femmes romanesques, on n'est jamais suri (Haut.) Gontinuons à nous rouler dans le crime î

LOÏSA

I^OD, monsieur... du moment que vous ne m'aimw plus...

Eille porte la bag^ue à ses lèvres.

ÂGÉ N OR, l'arrêtant de nouveau.

Je vous aime toujours, sacré mille baguettes 1 je vous aime, je vous aime... lai

LOÏSA

Ahl je le savais bien! je retrouve mon beau gentil homme !

AGÉNOR, à part.

Faut-il que je sois bête... d'avoir peur!

LOÎSi.

Alorsy dans «ne heure, rue Paradis?

AGÉNOR

Oui. (a part.) Mon pauvre Martin I

LOÎSA.

J'ai mille choses à vous dire encore.

AGÉNOR, à part.

MiUe!

PIONCEUX, entrant du foii4

Madame, c'est le sauvage.

LOiSÂ.

Quel sauvage?

Page 1