ACTE DEUXIÈME
FARIBOL.
Comment, mon lit?
A. ce moment, un paquet de hardes, lancé de la chambre, tombe sur Léopardin.
LÉOPARD IN, poussant un cri.
Aïe!...
Il gagne la droite^ FARIBOL, recevant un bonnet à poil.
Aïe!...
PAPAVERT, qui est entré, recevant une tunique de garde national.
Sacrebleu !
Le choc le fait iréhucher et tomber sur le matelas. — La porte d'Alexandra vomit une grêle de pantalons, pantou-fles, redingotes, robes de chambre, bas, chaussettes, chemises et gilets de flanelle. En un instant, la scène en est encombrée, et Papavert se trouve englouti. — Ce jeu de scène a lieu pendant l'ensemble suivant,
FARIBOL, LÉOPARDIN et PAPAYERT.
Aïel... aïel...
AIR de Jérusalem.
Finissez, finissez, madame 1 Arrêtez! arrêtez, morbleu!
Sur mon âme.
C'est infâme!
C'est assez, finissez ce jeu!
LÉOPARDIN, reconnaissant Papavert.
Tiens! mon médecin!
FARIBOL, s'élançant vers la porte.
Madame!... madame!... (La porte se ferme sur son nez; une grande pancairte est accrochée dessus avec ces mots : LE PUBLIC
n'entre pas ici. (Lisant.) « Le public n'entre pas ici! »
PAPÀVERT, qui s'est relevé.
Je venais vous chercher pour mon bal!...
FARIBOL.
Oh! c'est trop fort!... m' expulser de la chambre conjugale!... Elle n'en a pas le droit!...
LÉOPARDIN, à Papavert.
11 y a un nuage dans le ménage...
FARIBOL.
Oh! quel désordre... ma tunique!... Elle ne respecte rien!
Il ramasse plusieurs objets PAPAVERT, à Faribol.
Ah çà!... je viens vous chercher pour mon bal.
FARIBOL, lui mettant dans les bras une botte de pantalons et ua
oreiller.
Oui!... donnez-moi un coup de main.
PAPAVERT.
Oh ! mais non !
FARIBOL.
Portez ça dans mon cabinet...
Il ramasse d'autres objets.
PAPAVERT, chargé.
C'est que, mon bal... je ne suis pas venu pour ça.
LÉOPARDIN, à Papavert, le suivant.
Vous savez bien, ma dent... je ne l'ai plus.
PAPAVERT.
Je me fiche pas mal de votre dent ! (ii entre dans la chambre
d'Alexandra. — Bruit d'un soufflet.) Aïel...
Il ressort.