‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 32 sur 327 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

HERNANDEZ, très-haut.

Bah I il est coriace !

MARTIN, à voix basse.

Pas si hautl II a attrapé hier un chaud et froid à la source de l'Arveyron.

LOISA

Il faisait tant de vent 1

HERNANDEZ, avec mépris.

Ça, des hommes 1 Un courant d'air les met sur le flanc, (Très-haut.) Moi, je me déshabille et je me promène au milieu de la tempête!

MARTIN

Mais pas si haut !

HERNANDEZ

Ah ! c'est embêtant, de causer comme ça I

Il va s'asseoir sur 1© divan.

MARTIN

Nous voilà encore obligés de coucher à Ghamounii.

(Échangeant un regard avec Hernandez.) NouS ne partirons donC

jamais pour la Handeckl

LOÏSA

Qu'est-ce qui nous presse? Vous êtes insupportable avec votre Handeck I Qu'est-ce que vous voulez y faire, voyons?

MARTIN, vivement.

Rien 1 Je parle comme touriste.

PIONCEUX, entrant du fond et très-haut à la oantonadu.

Non, ça ne peut pas durer comme ça.

MARTIN et LOÏSA.

Chut! plus bas!

ft6 LE PRIX MARTIN.

MARTIN, à Pionceux qui est descendu.

Voyons, qu'est-ce qu'il j a?

PIONCEUX.

Il y a que je me plains de la nourriture I 0 ne nou? donne que les restes de la table d'hôte... et je ne mange que des carcasses et des têtes de lapin !

MARTIN

Gourmand I

PIONCEUX.

Ce matin, j'ai demandé de la soupe : on m'a servi un œil de veau dans de Teau chaude. — Oh 1 la Suisse!

MARTIN

Tu veux peut-être qu'on te serve des blancs de poulet?

PIONCEUX.

Pourquoi pas?... Ma mère ne vous marchandait pas I -^ nourriture, ellel

MARTIN, passant à droite.

Ahl tu m'ennuies! Va-t'en!

POINCEUX, remontant, puis revenant.

Oui, monsieur... Ah! j'oubliais de vous dire : le docteur est là.

MARTIN

Et tu ne nous préviens pas, animal! Fais-le entrer che? M. Montgommier, je le rejoins.

PIONCEUX.

Tout de suite, (a part.) Il y a un poulet à la broche, j le guette 1... (En sortant.) Ohl la Suisse!

Il sort par le fond.

LOÏSA, à Martin.

Allez vite à la consultation... Je crains une fluxion de

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