‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 33 sur 327 · SCENE IL LOISA, HERNANDEZ · texte numérisé non relu

SCENE IL LOISA, HERNANDEZ

QERNANDEZ, tirant de sa poche un bouquet complètement aplati

Nous sommes seuls... tenez... prenez vite!

LOÏSA, assise prôe de la tabl»

Qu'est-ce que c'est que ça?

HERNANDEZ

Un bouquet I

LOÏSA, riant.

Il ressemble à un nid d'écureuil. (Prenant le bouquet.) Ce n'est pas possible, on s'est assis dessus.

HERNANDEZ

Ce sont les fleurs que vous avez admirées hier en haut de ce rocher inaccessible.

LOÏSA

Oui, je les reconnais; mais comment vous les étes-voy ; procurées?

HERNANDEZ

Jô suis parti cette nuit à trois? heures, seul, sans guidej avec une grande échelle^

L01l5A, posant le bouquet sur la table.

Comment! vous avez pu porter une échelle?

HERNANDEZ

Le muscle, c'est l'homme! Elle était trop courte... Alors j'ai grimpé; j'ai déchiré mes mains, mon pantalon, ma

peau...

LOÏSA

Oh! je suis désolée.

Ne vous inquiétez pas... ça repousse... Dieu vous garde ! Seulement, en dégringolant, je me suis appesanti sur le bouquet... J'aurais dû le mettre sur mon cœur... mais il serait brûlé.

LOÏSA

Vraiment, pour un sauvage, on n'est pas plus galant!

HERNANDEZ

Il s'est opéré en moi une révolution.

LOÏSA

Où ça?

HERNANDEZ

A la douane... à Culoz... Jusqu'alors, je vous considù rais comme un fragile enfant de l'Occident, comme une plante étiolée et maladive... mais vous êtes descendue de wagon... votre robe s'est accrochée au marchepied, el j'ai vu votre jambe.

LOÏSA, raraenant sa robo avec un mouvement dd pudeur.

Oh! monsieur!...

HERNANDEZ

Ne cachez pas! j'ai vu! (se frappant le front; G est la, imprimé I

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