SCENE IL LOISA, HERNANDEZ
QERNANDEZ, tirant de sa poche un bouquet complètement aplati
Nous sommes seuls... tenez... prenez vite!
LOÏSA, assise prôe de la tabl»
Qu'est-ce que c'est que ça?
HERNANDEZ
Un bouquet I
LOÏSA, riant.
Il ressemble à un nid d'écureuil. (Prenant le bouquet.) Ce n'est pas possible, on s'est assis dessus.
HERNANDEZ
Ce sont les fleurs que vous avez admirées hier en haut de ce rocher inaccessible.
LOÏSA
Oui, je les reconnais; mais comment vous les étes-voy ; procurées?
HERNANDEZ
Jô suis parti cette nuit à trois? heures, seul, sans guidej avec une grande échelle^
L01l5A, posant le bouquet sur la table.
Comment! vous avez pu porter une échelle?
HERNANDEZ
Le muscle, c'est l'homme! Elle était trop courte... Alors j'ai grimpé; j'ai déchiré mes mains, mon pantalon, ma
peau...
LOÏSA
Oh! je suis désolée.
Ne vous inquiétez pas... ça repousse... Dieu vous garde ! Seulement, en dégringolant, je me suis appesanti sur le bouquet... J'aurais dû le mettre sur mon cœur... mais il serait brûlé.
LOÏSA
Vraiment, pour un sauvage, on n'est pas plus galant!
HERNANDEZ
Il s'est opéré en moi une révolution.
LOÏSA
Où ça?
HERNANDEZ
A la douane... à Culoz... Jusqu'alors, je vous considù rais comme un fragile enfant de l'Occident, comme une plante étiolée et maladive... mais vous êtes descendue de wagon... votre robe s'est accrochée au marchepied, el j'ai vu votre jambe.
LOÏSA, raraenant sa robo avec un mouvement dd pudeur.
Oh! monsieur!...
HERNANDEZ
Ne cachez pas! j'ai vu! (se frappant le front; G est la, imprimé I