‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 320 sur 327 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

JONSAC.

Ah! vous vous en apercevez?...

OLIVIER

Comment 1 vous osez en convenir?...

JONSAC.

Du calme 1... On voit bien que vous êtes un jeuîse mari... vous n'avez pas l'habitude de ces choses-là!

OLIVIER

Je VOUS préviens, monsieur, que je prends l'aflaire au sérieux...

JONSAC.

Vru 1... Eh bien, tant mieux !... vous voilà arrivé au point cil je voulais... Asseyons-nous et causons...

OLIVIER

Inutile, monsieur.

JONSAC.

Restez debout, si vous voulez moi, je préfère m' asseoir.

Ils s^asseyent tous les d«ux.

OLIVIER

Dépêchons-nous, je vous priel

JONSAC Mon ami... (Mouvement d'Olivier.) Attendez !... Vous VOUS

êtes battu pour moi avec un faquin dont j'attends la guérison pour lui proposer une seconde partie... Je ne croyais plus guère au dévouement, vous m'avez prouvé que je me trompais, et je vous en remercie...

OLIVIER

Ce langage!...

JONSAC.

Vous étonne... Je vais vousétonner bien davantage tout à l'heure... Le lendemain du jour où vous vous êtes battu pour moi, je me suis demandé quel service je pouirais vous rendre à mon tour... j'ai regardé dans votre vie comme dans celle d'un ami... et j'ai trouvé...

OLIVIER

Ahl..

DE JONSAC.

Vous veniez de vous marier... vous aviez épousé une femme jolie, spirituelle, sensible à la flatterie et aux hommages... aux hommages respectueusement présentés, biei> entendu... Je vous ai vu lancer cette jeune fille étourdiment dans le courant d'une société équivoque... je puis en parler... c'est la mienne!... je vous ai vu la conduire dans un monde déplaisirs, d'intrigues, de tentations... et je me suis dit: « C'est dommage !... » et j'ai prévu que votre femme ne pourrait respirer longtemps cet air malsain, sans faiblir, sans succomber peut-être...

OLIVIER

Monsieur.

DE JONSAC. *

Ahl j'en ai un exemple fatal... dans ma famille... Un mari imprudent, étourdi... comme vous... facile sur U choix de ses relations... Il a cédé comme vous à l'entrain ement de ce monde faux et brillant... il y a jeté sa femme.., et, aujourd'hui... ils sont séparés... pour toujours,..

OLIVIER, à part.

Comme il est ému!

JONSAC.

Vous veniez de défendre mon honneur, je résolus de préserver le vôtre! ,„

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