‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 49 sur 327 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MARTIN, furieux.

Sang de Dieu ! passe-moi la bouteille.

HERNANDEZ, la lui donnant.

Allons donc!

1 ARTIN, versant le contenu de la âole dans la tasse que lui présente

Hernandez.

Je verse tout, caramho !

HERNANDEZ

Toutl c'est peut-être beaucoup... mais le reste aurait

été perdu... (Prenant la fiole et lui donnant la tasse.) Maintenant,

porte-lui ça.

MARTIN, prenant la tasse.

Moi-même? (ll va jusqu'à la porte d'Agénor; sur le point d'entrer, l s'arrête, et, après un moment d'hésitation, il revient à Hernandez.)

Non, vois-tu, c'est plus fort que moi... je ne pourrai jameiis lui offrir... nous avons été trop liés.

HERNANDEZ, prenant la tasse.

Donne-moi ça, poule mouillée 1 (U va jusqu'à la porte d'Agénor avec la taaae et s'arrête.) C'est drôle, dans ce pays-ci, ça me fait quelque chose... je crains l'opinion publique.

MARTIN

Ah! tu vois bien! tu recules aussi!

HERNANDEZ

Je ne recule pas... je me recueille...

MARTIN, sentencieux.

Vois-tu, Hernandez, il n'y a que Dieu qui ait le droit de tuer son semblable !

HERNANDEZ, qui est revenu près de Martin.

Tu me suggères une idée... Rapportons-nous-en au jugement de Dieu!

MA.RTIN.

Comment l'entends-tu?

HERNANDEZ, plaçant la tasse près de la table.

Je pose la coupe fatale sur cette table... bien en vue... Agénorva venir... il boira si c'est son inspiration... Ça tg v^a-t-il comme ça?

Comme ça, je veux bien... poser une tasse sur une table n'est pas un crime.

HERNANDEZ

Allons faire un tour.

Il remonte au fond, à gauche, pour prendre son chapeau. MARTIN.

Je te suis, (a part.) Ce n'est pas un crime... (ii verse vive-

cient ^encrier dans la tasse en se cachant d'Hernandez et à part.)

Tout l'encrier 1 maintenant, s'il boit... c'est qu'il aura une fière soif 1

HERNANDEZ

Viens-tu ?

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