ACTE DEUXIÈME
MARTIN, furieux.
Sang de Dieu ! passe-moi la bouteille.
HERNANDEZ, la lui donnant.
Allons donc!
1 ARTIN, versant le contenu de la âole dans la tasse que lui présente
Hernandez.
Je verse tout, caramho !
HERNANDEZ
Toutl c'est peut-être beaucoup... mais le reste aurait
été perdu... (Prenant la fiole et lui donnant la tasse.) Maintenant,
porte-lui ça.
MARTIN, prenant la tasse.
Moi-même? (ll va jusqu'à la porte d'Agénor; sur le point d'entrer, l s'arrête, et, après un moment d'hésitation, il revient à Hernandez.)
Non, vois-tu, c'est plus fort que moi... je ne pourrai jameiis lui offrir... nous avons été trop liés.
HERNANDEZ, prenant la tasse.
Donne-moi ça, poule mouillée 1 (U va jusqu'à la porte d'Agénor avec la taaae et s'arrête.) C'est drôle, dans ce pays-ci, ça me fait quelque chose... je crains l'opinion publique.
MARTIN
Ah! tu vois bien! tu recules aussi!
HERNANDEZ
Je ne recule pas... je me recueille...
MARTIN, sentencieux.
Vois-tu, Hernandez, il n'y a que Dieu qui ait le droit de tuer son semblable !
HERNANDEZ, qui est revenu près de Martin.
Tu me suggères une idée... Rapportons-nous-en au jugement de Dieu!
MA.RTIN.
Comment l'entends-tu?
HERNANDEZ, plaçant la tasse près de la table.
Je pose la coupe fatale sur cette table... bien en vue... Agénorva venir... il boira si c'est son inspiration... Ça tg v^a-t-il comme ça?
Comme ça, je veux bien... poser une tasse sur une table n'est pas un crime.
HERNANDEZ
Allons faire un tour.
Il remonte au fond, à gauche, pour prendre son chapeau. MARTIN.
Je te suis, (a part.) Ce n'est pas un crime... (ii verse vive-
cient ^encrier dans la tasse en se cachant d'Hernandez et à part.)
Tout l'encrier 1 maintenant, s'il boit... c'est qu'il aura une fière soif 1
HERNANDEZ
Viens-tu ?