‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 64 sur 327 · HERNANDEZ, MARTIN · texte numérisé non relu

HERNANDEZ, MARTIN

HERNANDEZ, se croisant les bras.

Eh bien, il est gentil, il est bien combiné ton petit stratagème.

MARTIN

Je vais te dire : il y avait là un photographe qui m'aurait pris en flagrant délit... alors...

HERNANDEZ

Me prends-tu pour un idiot?

MARTIN

Je t'assure...

HERNANDEZ

Silence 1 je vois clair dans ton jeu î II s'agissait de te lébarrasser de moi, de me faire croire que notre honneui est satisfait, de me cacher ta lâcheté.

MARTIN, offusqué.

Don Hernandez!

HERNANDEZ

Je suis à tes ordres.

m LE PRIX MARTIN.

MARTIN, se calmant.

Non... continue...

HERNÀNDEZ.

Alors tu t'es dit: « J'irai seul avec Agénor, je le laisserai en route; je dirai à ce bon Hernandez qu'il est dans le trou dt nous repartirons dare dare pour Meyringen. » Est 3e vrai?

MARTIN, passant à gauche.

Eh bien, oui, la!... fiche-moi la paix ! Je ne suis pas né pour le crime, moi! je ne suis pas une nature d'assassin... tout le monde n'est pas doué...

HERNANDEZ

C'est bien... n'en parlons plus!

MARTIN, respirant.

Ah!

HERNANDEZ, d'une voix sombre.

Serais-tu un homme à venir faire avec moi, et sans témoins, un tour à la cascade ?

MARTIN

Sans témoins?... pour quoi faire?

HERNANDEZ, sombre.

Mais pour causer de choses et d'autres.

MARTIN, effrayé.

Nous pouvons causer de ça ici.

HERNANDEZ, d*ane voix sinistre.

M'est avis que nous serions mieui sur le petit pont qui

trembla. (Lui prenant le bras.) Qu'en peUSCS-tu? MARTIN, reculant.

Ne me touchez pas! je suis fatigué, je n'ai pas envie de me promener.

Page 1