ACTE TROISIÈME, iOl
MARTIN
Ils ont raison, ceux qui su méfient... ceux qui ne confient pas leur honneur à cette barque fragile et capricieose qu'on appelle la femme.
AGÉNOR
Que veux-tu dire?
MARTIN, éclatant.
Je veux dire que vous m'avez indignement trompé )
AGÉNOR, se levant.
Moi? c'est faux, je te jure!
MARTIN, se levant et allant à lui.
Vous avez trahi ma confiance ! en un mot, vous m'avez fait... (Baissant la voix.) VOUS m'avcz fait une raie dans le dosi
AGÉNOR
Qui est-ce qui t'a dit ça?
MARTIN
Don Hernandez Martinez, mon cousin, qui m'a ouverè les yeux. Dieu le garde !
AGÉNOR, à part.
Oh! il me le payera, celui-là.
MARTIN
Ainsi c'est vous... vous à qui j'ouvrais tous les jours mon foyer, ma table à manger... ma table de jeu 1 vous n'avez pas craint de...
AGÉNOR
Oh ! si tu savais le chagrin que ça me faisait, ce que j'ai soufi^ert!
MARTIN
Ta ta ta! répondez... Que feriez-vous à ma place? x. 6.
AGÉNOR
A ta place, je dirais : «Agénor, c'est mal, ce que tu as fait là... mais je sais que tu m'aimes bien... jure-moi que tu ne recommenceras pas... jure-le moi!... et je te pardonne! »
MARTIN
Tu tu tu!... ça ne peut pas se passer comme ça... je pourrais vous tuer, monsieur!
AGÉNOR
Ah!
MARTIN
Je l'ai même essayé...
AGÉNOR
Oh!
MARTIN
Mais vous avez jugé à propos de prendre un bouillon... Le jury est très-bienveillant pour ce genre de représailles... mais assez de sang répandu I
AGÉNOR
Oui!... qu'exiges-tu de moi?... je me soumets à tout.
MARTIN
J'y compte bien... Je vous donne d'abord l'ordre de ne plus me tutoyer... un mur de glace nous sépare.
AGÉNOR
Comme tu voudras.
A la bonne heure! Maintenant voici ce que j'ai décidé... et pas de prières, pas de supplications... je suis inflexible!
AGÉNOR
Parle.