‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 69 sur 327 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

MARTIN

Je veux perpétuer par un monument plus durable que le marbre et l'airain... le souvenir de votre trahison.

AGÉNOR

Tu veux faire bâtir quelque chose ?

MARTIN

Je vous ai défendu de me tutoyer, monsieur.

AGÉNOR

Pardon, monsieur.

MARTIN

Je continue. Vous fonderez à vos frais... et sous mon nom, un prix à l'Académie.

AGÉNOR

Le prix Martin?

MARTIN

Un prix pour l'auteur du meilleur mémoire sur l'infamie qu'il y a à détourner la femme de son meilleur ami.. Vous pourrez concourir.

Vous êtes bien dur!...

MARTIN

Ce n'est pas toat: ce prix... annuel... sera de vingt-deuj mille cinq cents francs.

AGÉNOR, se récriant

Toute ma fortune !

MARTIN

Pas un sou de moins i

AGÉNOS.

Après moi dors?...

MARTIN

Bien entendu.

AGÉNOR

J'accepte !

MARTIN, à part.

Si tous les maris trompés agissaient avec cette rigueiii OR verrait moins de scandales dans les familles.

AGÉNOR

Mais, à cette condition... vous me pardonnez, monsieur?

MARTIN

Peut-être, monsieur. (Ému.) Mais nous ne devons plus nous revoir...

Il se dirige vers sa chambre, — à droite, premier pian.

Oh!... jamais?

MARTIN

Jamais!... les préjugés du monde nous séparent! Adieu, monsieur, nous nous sommes vus pour la dernière fois.

AGÉNOR, suppliant.

Ferdinand!

MARTIK.

Pour la dernière fois!

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