ACTE TROISIEME
MARTIN
Je veux perpétuer par un monument plus durable que le marbre et l'airain... le souvenir de votre trahison.
AGÉNOR
Tu veux faire bâtir quelque chose ?
MARTIN
Je vous ai défendu de me tutoyer, monsieur.
AGÉNOR
Pardon, monsieur.
MARTIN
Je continue. Vous fonderez à vos frais... et sous mon nom, un prix à l'Académie.
AGÉNOR
Le prix Martin?
MARTIN
Un prix pour l'auteur du meilleur mémoire sur l'infamie qu'il y a à détourner la femme de son meilleur ami.. Vous pourrez concourir.
Vous êtes bien dur!...
MARTIN
Ce n'est pas toat: ce prix... annuel... sera de vingt-deuj mille cinq cents francs.
AGÉNOR, se récriant
Toute ma fortune !
MARTIN
Pas un sou de moins i
AGÉNOS.
Après moi dors?...
MARTIN
Bien entendu.
AGÉNOR
J'accepte !
MARTIN, à part.
Si tous les maris trompés agissaient avec cette rigueiii OR verrait moins de scandales dans les familles.
AGÉNOR
Mais, à cette condition... vous me pardonnez, monsieur?
MARTIN
Peut-être, monsieur. (Ému.) Mais nous ne devons plus nous revoir...
Il se dirige vers sa chambre, — à droite, premier pian.
Oh!... jamais?
MARTIN
Jamais!... les préjugés du monde nous séparent! Adieu, monsieur, nous nous sommes vus pour la dernière fois.
AGÉNOR, suppliant.
Ferdinand!
MARTIK.
Pour la dernière fois!