AGÉNOR, MARTIN
Martin et Agénor restent en face l'un de l'autre, leur carabine à la main. — Moment de silence. — Puis ils vont déposer leurs carabines, se saluent très-froidement. Agénor s'assoit près de la table, la tète dans ses mains; Martin remonte comme pour sortir.
MARTIN, au fond, se retonrnant.
Eh bien, monsieur, voilà la femme à qui vous avez sacrifié notre amitié.
AGÉNOR, assis.
Quelle leçon l... j'étais jeune, j'étais beau, j'appartenais à ''état-major..
MARTIN
L'état-major n'est pas une excuse... Enfin nous voil^ veufs!
AGÉNOR
Ça, c'est un petit malheur I
MARTIN
Je dis : nom.,, parce que vous êtes logé à la même enseigne que moi... et j'en suis bien aise... ce que j'étais, vous l'êtes.
AGÉNOR, timidement.
Je le suis môme plus que vous... c'est plus frais.
MARTIN, souriant et à part.
C'est juste, c'est plus... il a de l'esprit! (Haut, sérieux.) Nous n'avons plus rien à nous dire... Adieu, monsieur!
Il remoDte.
AGÉNOR, se loTAat.
Inexorable?
MARTIN
L'honneur l'exige.
AGENOR, gagnant la droite en ie suivant.
Cependant, si un jour le ciel voulait que vous fussiez malade...
MARTIN, se retournant.
Eh bien?
AGÉNOR
Me permettriez-vous de venir m'asseoir à votre chevet?