ACTE TROISIÈME. ii
MARTIN
J'ai Pionceux.
AGÉNOR
Un mercenaire!... je n'oublierai jamais avec quel dé rouement vous m'avez soigné à Chamounix.
MARTIN, vivement.
Ne parlons pas de ça! (a part.) Le laudanum...
Il est descendu à gauche, près de la table. AGÉNOR.
Avant de nous séparer, accordez-moi une dernière faveur.
MARTIN
Laquelle?
AGÉNOR, tirant le rond de serviette de sa pocho et le posant sur k
table.
Ac- ;eptez mon rond.
MARTIN, après une courte lutte, tirant une tabatière de sa poche et prenant une prise.
Soit... mais, comme il ne me convient pas d'être en reste avec vous., voici ma tabatière.
Il la pose sur la table.
AGÉNOR
Oh! merci! (ii la couvre de baisers.) Elle ne me quittei» plus!
MARTIN
Abrégeons cette scène déchirante... Adieu pour ja mais!
ÂGÉ N OR, s'éloignant.
Pour jamais!... pourrons-nous nous écrire?
MARTIN
Bien entendu.
Fatal honneur!
AGENOH.
MARTIN
Fatal honneur ! (il s'assoit devant la table et prend machinalement un jeu de cartes.) Quand je pense qu'un jour, cet homme s'est battu pour moi... qu'il a exposé son sangl...
AGÉNOR, s'approchant de la table.
Vous m'avez bien sauvé de la déconfiture.
Il s'assied en face de Martin.
MARTIN
Ne parlons pas de ça! (Par habitude.) Coupe donc.
AGÉNOR, coupant.
Ah 1 je ne l'oubHerai jamais! j'ai pu être étourdi, léger même... mais je ne suis pas un ingrat. On ne m'a jamais accusé d'être un ingrat.
MARTIN, qui a donné les cartes.
C'est vrai... vous avez d'autres défauts.
AGÉNOR, annonçant son jeu.
Soixante de dames !
MARTIN, bondissant.
Encore 1