SCÈNE TROISIÈME. I
VERDINET.
Ah ! si je m'attendais à tous rencontrer dans les Pyrénées..
HECTOR
Et moi donc! (11 pose son chapeau sur les meringues.) Gomme
on se retrouve!... Qu>st-ce qu'on fait à Paris?
VERDINET.
On fait 69 70.
HECTOR
Toujours agent de change?
YERDINET.
Toujours 1... Parlez, j'ai mon carnet.
II le tiie de sa poche.
HECTOR
Comment 1 d'ici?
YERDINET.
Par le télégraphe... Nous disons deux cents Saragosse; on lutine beaucoup les Saragosse, en ce moment.
HECTOR
Oh! merci: je n'ai pas le cœur aux affaires: je suis amoureux.
VERDINET.
Amoureux! (Remettant son carnet dans sa poche.) Rien è
faire !
HECTOR
Je n'ai pas de chance!... celle que j'aime est mariée,.,
YERDINET.
Eh bien, ça vous arrête?
HECTOR
Dame!
VBRDINET.
Moi, ça na m'arrêtait pas... au contraire!... J'avais la pécialité des femmes mariées... quand j'étais garçon.
HECTOR, riant.
Vraiment?
VERDINET.
Ah! j'étais un fier bandit, allez!... le bandit Verdinetl... Mais, maintenant, j'ai engraissé, je suis au parquet, je ne marivaude plus... qu'avec les Saragosse! Vous n'y mordez pas? Bonsoir!
FausM sortie.
HECTOR, le retenant et lui offrant une chaise.
Lu instant, que diable l... Peut-on demander à monsieur Verdinet... au bandit Verdinet, quelle arme il employait pour dévaliser les maris?
VERDINET.
£h! je ne sais pas si je dois...
HECTOR
Pourquoi?
VERDINET.
A fait... un client... (ils s'asseyent.) D'êibord, mon cher ami, quand vous voulez vous faufiler dans un ménage, ne vous présentez jamais comme garçon !
HECTOR
Vraiment!... Pourquoi ça?
VERDINET.
Voyez- vous... les maris ne connaissent qu'un ennemi... le célibataire... l'affreux célibataire! Dès qu'il paraît, on