SCENE X
BLANDINET, AUBERTIN.
BLÀNDINET.
Voyons! parle... tu as l'air tout bouleversé.
AUBERTIN
Je crois bien... voilà trois nuits que je n'ai pas fenné l'œil...
BLANDINET.
Ta femme est donc malade ?
AUBERTIN
ISonI mon ami... depuis un mois, je suis sans nouvelles de la Belle Irma.
Comment 1 la Belle Irma?
AUBERTIN
Un bâtiment que j'attends d'Amérique.
BLANDINET
Ah 1 à la bonne heure ! la Belle Irma, j'ai cru que c'étaij^ une...
AUBERTIN
Il devrait être au Havre depuis nuit jours...
BLANDINET, suivant son idée.
Je n'aurais pas approuvé qa...,
AUBERTIH.
Et on ne le signale pas encore...
JJO LES PETITS oiseaux;
BLANDINET.
Alors, il est en retard, ton bâtiment.
AUBERTIX.
Si ce n'était que çal... J'ai été avisé, il y a deux mois, qu'il avait réussi à forcer le blocus... mais peut-être a-t-il été rencontré en mer par les croisières américaines.
BLAXDINBT.
Ah! diable!
AUBERTIIf.
Un navire magnifique... tout chargé de coton... et aujourd'hui, le coton... c'est de l'or!...
BLANDINET-
Tu es assuré?
AUBERTIN
Mais non ! aucune compagnie n'a voulu me garantir lea risques de guerre... Comptant vendre ma cargaison, j'ai pris des engagements... J'ai une échéance très-lourde... et si après-demain, à midi, je n'ai pas réalisé une somme. .^ que je n'ai pas, je serai peut-être forcé de suspendre me^l payements.
BLANDINET.
Oh! mon Dieu, mon pauvre ami!... et combien... com bien te faut-il?
AUBERTIN
Il me fallait une somme énorme...
BLANDINET.
Énorme?
AUBERT 1.-^
J'ai fait -tlèche de tout bois... et S me manque eif ■"-'^ cinquante mille francs!