‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 3)Chapitre 142 sur 348 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

BLANDINET, AUBERTIN.

BLÀNDINET.

Voyons! parle... tu as l'air tout bouleversé.

AUBERTIN

Je crois bien... voilà trois nuits que je n'ai pas fenné l'œil...

BLANDINET.

Ta femme est donc malade ?

AUBERTIN

ISonI mon ami... depuis un mois, je suis sans nouvelles de la Belle Irma.

Comment 1 la Belle Irma?

AUBERTIN

Un bâtiment que j'attends d'Amérique.

BLANDINET

Ah 1 à la bonne heure ! la Belle Irma, j'ai cru que c'étaij^ une...

AUBERTIN

Il devrait être au Havre depuis nuit jours...

BLANDINET, suivant son idée.

Je n'aurais pas approuvé qa...,

AUBERTIH.

Et on ne le signale pas encore...

JJO LES PETITS oiseaux;

BLANDINET.

Alors, il est en retard, ton bâtiment.

AUBERTIX.

Si ce n'était que çal... J'ai été avisé, il y a deux mois, qu'il avait réussi à forcer le blocus... mais peut-être a-t-il été rencontré en mer par les croisières américaines.

BLAXDINBT.

Ah! diable!

AUBERTIIf.

Un navire magnifique... tout chargé de coton... et aujourd'hui, le coton... c'est de l'or!...

BLANDINET-

Tu es assuré?

AUBERTIN

Mais non ! aucune compagnie n'a voulu me garantir lea risques de guerre... Comptant vendre ma cargaison, j'ai pris des engagements... J'ai une échéance très-lourde... et si après-demain, à midi, je n'ai pas réalisé une somme. .^ que je n'ai pas, je serai peut-être forcé de suspendre me^l payements.

BLANDINET.

Oh! mon Dieu, mon pauvre ami!... et combien... com bien te faut-il?

AUBERTIN

Il me fallait une somme énorme...

BLANDINET.

Énorme?

AUBERT 1.-^

J'ai fait -tlèche de tout bois... et S me manque eif ■"-'^ cinquante mille francs!

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