ACTE PREMIER. c^^g
LÉONCE
Ahl... elle vous a rapporté notre conversation î
LÀURE.
Passez-moi la soie, je vous prie. . .
LÉONCE
Voilà, mademoiselle...
Il va chercher la soie dans la curlieilie qni se trouve sur le guéridon.
LÀURE.
Je croyais trouver mon père ici...
LÉONCE
Il me quitte à l'instant... mais il va revenir... je viens d'avoir avec lui une conversation...
LâORE, curieuse.
Ahl une conversation... sur quel sujet?
LÉONCE, avec intention.
La soie, mademoiselle?... la voici!
Il la lui donn«t.
LÀURE.
Mais non!... je ne vous la demandais pas...
LÉONCE, allant prèe du guéridon.
Pardon... je croyais... (un tempa.) Jolie journée aujourd'hui...
Il s'assied LÀURE.
Charmante I
LÉONCE
Le ciel est d'une pureté!...
LÀURE.
Voyons, ne me taquinez pas!... Qu'avez-vous dit à mon père?
2ir LES PETITS OIS
LÉONCE
Je lui ni parlé d'une demoiselle...
LAURE
Ah:
LÉONCE, vivement.
Que VOUS ne connaissez pas... une demoiselle que j'aime .. et que je voudrais épouser...
LAURE
Et.,, qu'a répondu mon père?...
LÉONCE
Il m'a dit d'espérer...
n se lève et va près <f elle.
LAURE, joyeuse, ae levant.
Ah! (Changeant de ton.) Après ça, du moment que je Dt ia connais pas !
FRANÇOIS, entrant, à lui-m6me.
Me voilà habillé 1... (Apercevant Laure et Léonce.) Oh! ohl...
je vous dérange?
LÉONCE
Mais du tout!... Mon oncle, mademoiselle Laure Aubertin que je vous présente...
II laisse pas.04r François devant lui.
FHàKÇOIS, saluant.
Mademoiselle, j'ai faut des affaires avec votre père... c'e^i un travailleur... et je vois que vous tenez de lui... vouavez raison... moi, j'aime lo'^ gens qui travaillent... .
LÉON et, à part. 1
C'est pour mol qn*il dit çal
FRANÇOIS
C'est gentil, ce que vous faites làl... Comment appelezvous ça?
LAURE
C'est uD sachet pour serrer les mouchoirs... un lot pour une loterie de bienfaisance... dont je place les billets...
FRANÇOIS, a part.
Aïe I j'ai mis le pied sur une trappe !
LAURE
Il >'agit de pauvres orphelins à secourir...
FRANÇOIS, à part.
Je la connais, celle-là!
LAURE, qui a tiré des billets de sa poche.
Combien en désirez- vous?
LÉONCE
Allons, mon oncle!
FRANÇOIS
Oh! moi!... j'ai souvent pris de ces machines-là... et je n'ai jamais gagné qu'une fois... une paire de pantoufles... trop petites!
LAURE
Voyons, je vous porterai bonheur...
FRANÇOIS
Allons I en tenez-vous pour vingt francs?... Alors, donnez-m'enl... (a part.) Quand on a fait des affaires avec 'e père...
II donne vingt francs, Laure lui remet les billets. BLANDTNET, entre en calculant sur son carnet.
Trente et un mille... et vingt-cinq Lyon à mille quarante... J'aurai mon affaire... (voyant Léonce.) Ah! Léonce!
LÉONCE
Mon père?
BLA!«r.TNET.
Prends ton chapeau et cours chez Duranuec, mon agent de change... tu lui diras de me vendre vingt-cinq Lyon... au mieux.
LÉONCE
Oui, mon père...
BLANDINET.
En te pressant un peu, tu arriveras avant la fin de la Bourse.
LÉONCE
Je vais prendre un cabriolet... Mon oncle... Mademoiselle...
n sort. Laure l'accompagne, puia elle redescend à gauche s'assied près du ^éridon et travaille.