‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 3)Chapitre 146 sur 348 · ACTE PREMIER. c^^g · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. c^^g

LÉONCE

Ahl... elle vous a rapporté notre conversation î

LÀURE.

Passez-moi la soie, je vous prie. . .

LÉONCE

Voilà, mademoiselle...

Il va chercher la soie dans la curlieilie qni se trouve sur le guéridon.

LÀURE.

Je croyais trouver mon père ici...

LÉONCE

Il me quitte à l'instant... mais il va revenir... je viens d'avoir avec lui une conversation...

LâORE, curieuse.

Ahl une conversation... sur quel sujet?

LÉONCE, avec intention.

La soie, mademoiselle?... la voici!

Il la lui donn«t.

LÀURE.

Mais non!... je ne vous la demandais pas...

LÉONCE, allant prèe du guéridon.

Pardon... je croyais... (un tempa.) Jolie journée aujourd'hui...

Il s'assied LÀURE.

Charmante I

LÉONCE

Le ciel est d'une pureté!...

LÀURE.

Voyons, ne me taquinez pas!... Qu'avez-vous dit à mon père?

2ir LES PETITS OIS

LÉONCE

Je lui ni parlé d'une demoiselle...

LAURE

Ah:

LÉONCE, vivement.

Que VOUS ne connaissez pas... une demoiselle que j'aime .. et que je voudrais épouser...

LAURE

Et.,, qu'a répondu mon père?...

LÉONCE

Il m'a dit d'espérer...

n se lève et va près <f elle.

LAURE, joyeuse, ae levant.

Ah! (Changeant de ton.) Après ça, du moment que je Dt ia connais pas !

FRANÇOIS, entrant, à lui-m6me.

Me voilà habillé 1... (Apercevant Laure et Léonce.) Oh! ohl...

je vous dérange?

LÉONCE

Mais du tout!... Mon oncle, mademoiselle Laure Aubertin que je vous présente...

II laisse pas.04r François devant lui.

FHàKÇOIS, saluant.

Mademoiselle, j'ai faut des affaires avec votre père... c'e^i un travailleur... et je vois que vous tenez de lui... vouavez raison... moi, j'aime lo'^ gens qui travaillent... .

LÉON et, à part. 1

C'est pour mol qn*il dit çal

FRANÇOIS

C'est gentil, ce que vous faites làl... Comment appelezvous ça?

LAURE

C'est uD sachet pour serrer les mouchoirs... un lot pour une loterie de bienfaisance... dont je place les billets...

FRANÇOIS, a part.

Aïe I j'ai mis le pied sur une trappe !

LAURE

Il >'agit de pauvres orphelins à secourir...

FRANÇOIS, à part.

Je la connais, celle-là!

LAURE, qui a tiré des billets de sa poche.

Combien en désirez- vous?

LÉONCE

Allons, mon oncle!

FRANÇOIS

Oh! moi!... j'ai souvent pris de ces machines-là... et je n'ai jamais gagné qu'une fois... une paire de pantoufles... trop petites!

LAURE

Voyons, je vous porterai bonheur...

FRANÇOIS

Allons I en tenez-vous pour vingt francs?... Alors, donnez-m'enl... (a part.) Quand on a fait des affaires avec 'e père...

II donne vingt francs, Laure lui remet les billets. BLANDTNET, entre en calculant sur son carnet.

Trente et un mille... et vingt-cinq Lyon à mille quarante... J'aurai mon affaire... (voyant Léonce.) Ah! Léonce!

LÉONCE

Mon père?

BLA!«r.TNET.

Prends ton chapeau et cours chez Duranuec, mon agent de change... tu lui diras de me vendre vingt-cinq Lyon... au mieux.

LÉONCE

Oui, mon père...

BLANDINET.

En te pressant un peu, tu arriveras avant la fin de la Bourse.

LÉONCE

Je vais prendre un cabriolet... Mon oncle... Mademoiselle...

n sort. Laure l'accompagne, puia elle redescend à gauche s'assied près du ^éridon et travaille.

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