ACTE PREMIER
FRANÇOIS
Parbleu I... on t'écoutait tellement... que nous perdions deux cents francs par jour!
BLANDINET.
Tu exagères...
Et j'ai été obligé de te renvoyer à Paris... toi et ton bon cœur!
BLANDINET.
Tu as beau dire... les ouvriers m'ont regretté là-bas...
FRANÇOIS
Oui... comme l'âne regrette sa litière!
BLANDINET.
L'ànel... Françoisl...
FRANÇOIS
Et, une fois revenu à Paris... monsieur a pris la mouche 1 monsieur s'est retiré de l'association I
BLANDINET.
Du tout! je n'ai pas pris la mouche! mais j'ai réfléchi, je suis rentré en moi-même... et j'ai reconnu que je ne pouvais pas continuer à m' engraisser de la sueur...
FRANÇOIS
Ahl très-joli! Tu fais des phrases maintenant... comme tous les gens retirés des sdï'aires!... Eh bien, moi, j'ai oontinué à m' engraisser tout seul... et, au lieu de vivoter comme toi avec vingt -cinq pauvres petites mille livres de rente...
BLANDINET.
si j'en trouve assez!...
Om, tu iras loin... avec un cœur qui luit de tnus les côtés. . . comme un panier percé!
BLA5DIKET.
Chacun son goût... mais je ne dîne pas avec plaisii îuand je sais qu'il y a près de moi des gens qui ont faim!
FRANÇOIS
Allons doncl est-ce qu'on a faim? qui est-ce qui a faim?
BLA?JD1>'ET,
Ceux qui n'ont pas de quoi manger!... Mais hier... pas plus tard qu'hier... car vous ne savez pas ça àElheuf... j'ai rencontré, rue de Trévise, un pauvre diable qui n'avait pas mangé depuis cinq jours...
FRANÇOIS
Il te l'a dit?
BLARDINET.
n me l'a dit... noni il me l'a avoué péniblement!.,.
FRANÇOIS
£tta lui as donné?
BLAKDINBT.
Probablement!...
FRAHÇOIS.
Eh bien, tu as été refait... d'abord on ne peut pas flviv cinq jours sans manger...
BLANDINET.
Qu'en sais-iu? l'as-tu essayé?
PSO'.