‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 3)Chapitre 161 sur 348 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

cela prouve?... que je suis tombé sur un coquin... Il y a des oiseaux qui dounent des coups de bec... ce n'est pas une raison pour abandonner les «iiitres.. .

TRANÇOIS, entrant; il est habUl*

Eh bien, monsieur le philanthrope ?

BLANDINET.

Quoi?

FRANÇOIS, riant.

Au septième... l'échelle à droite. ..

BLANDINET.

Je te prie de me laisser tranquille... j'ai payé le dîner,,. tu n'as rien à dire...

FRANÇOIS

U était très-boni

BLANDINET.

Je crois bien, quarante-sept francs cinquante centimeSj voici la carte, (il la tire de son gilet.) Potage à la reine, deux ^T-ancs ; Crevettes, trois francs.

FKANÇOÏS.

Gomment, crevettes?.,, je n'ai pas mangé de crevettes!..,

BLANDINET.

Ah! tu crois?... moi non plus...

On ne nous en a pas même servi... Ah! ils vont bien,

les restaurateurs!...

BLANDINET.

Comment! tu vas supposer...? îl y a un monsieur à côté de nous qui en a mangé... c'est une erreur, voiî^ tout!

FRANÇOIS

C'est possible I mais, à ta place, avant de payer, je vé-

rifierais les additions. (Montrant le sucrier et le carafon d'eaa-<J&

via qui sont »ur le buffet.) Et, de plus, je serrerais mon suer? et mon eau-de-vie... ces choses-là s'évaporent facilement

BLÀNDINET.

Allons, il va soupçonner Joseph maintenant, un brave garçon qui est chez moi depuis dix ans...

FRANÇOIS

Mon ami, je suis du côté de ceux qu'on n'attrape pas... A-dieu, je déjeune chez mon fils.

U sort.

BLANDINET, seul.

Jo.«ephI...un garçon sûr... auquel je confierais... (n s'est

ipproché machinalement du sucrier et en compte les morceaux.) quatre,

six, sept, huit... et im petit... Je mange le petit... ça m'embrouillerait... (il le croque.) L'cau-dc-vic, maintenant... (Preaant le carafon.) Ce n'est pas par méfiance... C'est pour confondre mon frère I... Comment marquer...? Ah! avec mon mouchoir. (Mesurant.) Vraiment j'en suis honteux. Ça vien» jusque-là... Je vais faire im nœud...

Il fait un nœud i son mouchoir. Entre Mizabran ayeo une pair^ de bottes.

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