ACTE PREMIER. '>M
MADAME MALINGEAR.
C est la première fois, depuis deux ans, qu'on songe à le déranger.
MALINGEAR, gaiement.
Je me lance.
HVDAME M.VLINGEAR.
A cinquante-quatre ans, U est temps! Veux-tu que je te dise : c'est le savoir-faire qui te manque, tu as une manière si ridicule d'entendre la médecine I
MALINGEAR.
Comment?...
MADAME MALINGEAR.
Quand, par hasard, le ciel t'envoie un client, tu commences par îe rassurer... Tu lui dis: « Ce n'est rien i c'est l'affaire de quelques jours. »
Pourquoi effrayer?
MADAME MALINGEAR.
Avec ce système-là, tu as toujours l'air d'avoir guéri un bobo, une engelure!... Je connais plusieurs de tes confrères... de vrais médecins, ceux-là! quand Us approchent un malade, ce n'est pas pour deux jours ! Ils disent tout de suite: « Ce sera long, très-long! » Et ils appellent un de leurs collègues en consultation.
MALINGEAR.
À quoi bon?...
MADAME MALINGEAR.
C'est une politesse que celui-ci s'empressa de rendre la 661:1 aine suivante... Voilà comment on se fait une clientèle!
ilALINGEAR, se levaut.
Quant à moi, jamais!
MADAME MALINGEAR.
Toi, avec ta bonhomie, tu as perdu peu à peu tous u clients... Il t'en restait un... le dernier... unbravehomnjê.^
MALINGEAR.
M. Dubourg... notre voisin?
MADAME MALINGEAR.
Il avait avalé une aiguille, sans s'en douter... Tu le traites quinze jours... très-bien!... ça marchait... Mais voilà qu'un beau matin tu as la bêtise de lui dire : « Mon cher M. Dubourg, je ne comprends rien du tout à votib maladie. »
Dame!... quand on ne comprend pas!...
MADAME MALINGEAR.
Quand on ne comprend pas... on dit: « C'est i:t7veux!... » Ah! si j'étais médecinl...
MALINGEAR.
Quel charlatan tu ferais I...
MADAME MALINGEAR.
Heureusement que la Providence nous a donné "vingideux bonnes mille livres de rente, et que nous n'attendons pas après ta clientèle. Qu'est-ce que c'est que cet personne qui est venue ce matin?...
MALINGEAR, un peu embarrassé
C'est... cest un jeune homme...
MADAME MALIiNGilAi.
De famille?