‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 3)Chapitre 208 sur 348 · ACTE PREMIER. Î · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. Î

EMMELINE

Oui, maman... (a part.) Voilà deux fois qu'elle me renvoie! Oh! il y a quelque chose!

Bile disparatt.

MALI?JGEAR.

Je vous disais donc que le monde était prompt à interpréter les démarches les plus naturelles, les plus innocentes... Mais il est de la sagesse d'un père de couper court à ces vagues rumeurs par une explication nette et franche.

MADAME MALIKGEAR, bas, à son mari.

Très-bien!

MALINGEÀR.

Ce que nous attendons de vous, c'est une réponse loyaie.

FRÉDÉRIC, se levant.

Laissez-moi vous remercier, avant tout, monsieur Malingear, d'avoir placé la question sur un terrain que la crainte seule m'empêchait d'aborder. Je n'éprouve aucun embarras maintenant à vous avouer que j'aime mademoiselle Emmeline, et que le plus doux de mes rêves serait do l'obtenir en mariage,

MADAME MALINGEAR, à part.

Je m'en doutais.

MALINGEAR, se levant, ainsi que sa femme.

A la bonne heure, ceci est clair!... Oserais-je vous demander maintenant quelques renseignements...

FRÉDÉRIC

Sur ma famille... sur ma profession?... Bien volontiers Je suis avocat.

MALINGEAR.

Ah bahl Excusez mon étonnement... mais, depuis deux mois que j'ai l'honneur de vous connaître, vous êtes toujours sur mon piano...

Ohl... je suis avocat...

MALINGEAR.

Exécutant ?

FRÉDÉRIC

Nonl mais je commence... J'ai peu de clients.

MALINGEAR.

Je connais ça!... Je ne vous en veux pas!

FRÉDÉRIC

Du reste, ma position est indépendante... Mon père, ancien négociant, s'est retiré des ali'aires avec une fortune honorable... Je suis fils unique.

MADAME MALINGEAR, à part.

Ahl

FRÉDÉRIC

Enfin, je n'ai pas cru devoir cacher à mes parents les sentiments que j'éprouve pour mademoiselle Emmelinc; et j'espère qu'avant pea, mon père et ma mère feront près de vous une démarche qui imposera silence à toutes les interprétations.

MADAME MALINGEAR, bas, à. soa mari.

Il s'exprime avec un charme...

MALINGEAR, à sa femme.

Un avocat!... (a Frédéric.) MousieuT Frédéric, madame Malin gear et moi, nous apprécierons comme eUe le mérite la démarche que vous nous annoncez.

Ahl monsieur...

MALINGEAR.

Mais, d'ici là, nous vous demandons comme un servic'.> de vouloir bien suspendre vos visites...

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