ACTE TROISIÈME
LUCILE, et MADAME DE GUY.
Vous?
MADAME DE GUI
Allons donc, c'est impossible I
LUCILE
Alors, ce n'était pas pour une femme?
BERNARD
Une femme? Je vous prie de croire que je me serais effacé... momentanément...
MADAME DE GUY
Mais pourquoi ce duel... étrange?
LUCILE
Oui, pourquoi?
BERNARD, très-embarrassé.
Ah! pourquoi? Huml à cause de quoi? il ne vous l'a pas dit?
Non.
BERNARD
Allons, mesdames, j'ai bien l'honneur...
Il remonte.
MADAME DE GUY
Non, restez! parlez!... (Bas.) Il y va du bonheur de votr< maitre.
LUCILE
Voyons, parlez-nous franchement, comme un brave sollat que vous êtes!
BERNARD
C'est que... (a part.) Raconter ça à des femmes, fichue II. 28
corvée! (Haut, avec effort.) Voilà: voyez- vous, le capitaine... il n'est pas toujours bien disposé... il a ses moments, cet homme... c'est nerveux. Il paraît que je l'avais agacé... Ce n'est pas qu'il soit méchant, oh! Dieu! un cœur, une bonté! mais c'est sa jambe... il a une jambe droite... qui s'enlève comme une soupe au lait... Alors, il m'a lac un...
Un... quoi?
£h bien, un..i Cn quoi?
Madame de gut.
BERNARD
Avec sa jambe droite...
MADAME DE GUT, riant.
Ahl ahlah!
LUCILE, riant.
Mon pauvre garçon !
BERNARD
Vous riez? Mais je ne riais pas, moi, nom d'un tonner r le sang me bourdonnait dans les oreilles... ii me sembls qu'on venait de me dégrader à la face du régiment; ma je dois rendre cette justice au capitaine... il n'y a pas é par quatre chemins; il m'a dit: « Bernard, ça... canes suie qu'avec un coup de sabre, allons-y 1 »
LUCILE
Ah ! c'est bien !
BERNARD
Et il a eu la bonté de me faire lui-même une toute petite coupure sur le bras... Voulez-vous la voir?