SCENE SEPTIÈME
JURANÇON
Qu'est-ce que tu me chantes là?
BÉCAMEL.
Oui, un coup d'épée... dans le gras... Que le diable emporte ce M. Beaudéduit!
Hein? Beaudéduit... Alphonse Beaudéduit?
BÉCAMEL.
11 vient de partir... Tu le connais?
JURANÇON
Il a été mon locataire deux ans... un homme charmant 1... qui payait le quatorze!... — Je suis fâché qu'il soit parti I
BÉCAMEL.
Pourquoi?
JURANÇON
Rien!... une idée qui me trotte depuis longtemps... j'avais songé à lui pour ta fille...
BÉCAMEL.
Allons donc ! un original pareil 1
JURANÇON
Je ne connais pas de caractère plus doux, plus aimable, plus facile; il payait le 14 !
BÉCAMEL.
C'est drôle!... je ne l'aurais pas cru... Mais est-ce qu'il a une position sociale, cet homme-là?
JURANÇON
Une maison superbe! près des Bains Chinois. ..
BÉCAMEL.
Diable!... mais c'est un très-beau parti... près des
i66 UN MONSIEUR QUI PREND LA MOUCHE.
Bains Chinois!... je suis fâché de ne pas l'avoir invité à déjeuner... parce qu'à table on cause, et... (Tout à coup.) Ah çà, et maître Savoyart?
JURANÇON
Tant pis pour lui!...
BÉCAMEL.
Tiens, au fait, pourquoi s'est-il retourné?... Ma fille ne peut pas attendre trois mois. . . d'ailleurs, eUe ne l'aime pas... il a les pieds en dedans...
JURAXÇON.
Et puis nos places sont retenues...
BÉCAMEL.
C'est juste. . . quatre-vingt-trois francs ! . . .
JURANÇON
Et dire que, dans vingt jours, nous pourrions poser le pied sur le sol de la belle ItaUe.
BÉCAMEL, s'exaltant.
Ohl oui! Venezia la Bellaî Romani, les Romains! ohl... (Changeant de ton.) Mais uous barbotous, mou pauvre vieux, puisque ce monsieur est parti !